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Course à la chefferie du PCNB : reconstruire le parti et rallier les francophones

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 21 j

Daniel Allain et Don Monahan veulent devenir chef du PCNB. Les membres feront leur choix samedi..

Élection du nouveau chef

Le Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick (PCNB) organise une élection pour choisir son nouveau chef ce samedi 21 octobre 2025 à Fredericton. Deux candidats s'affrontent : Don Monahan et Daniel Allain. Environ 5 600 membres du parti sont habilités à voter pour élire le successeur de Blaine Higgs, qui a dirigé le parti et le gouvernement provincial de 2018 à 2024 avant de subir une défaite électorale cuisante en octobre 2024. Le chef par intérim du PCNB, Glen Savoie, souligne l'importance de cette élection pour redonner au parti une crédibilité auprès des Néo-Brunswickois, notamment en vue des prochaines élections provinciales.

Changement de ton envers les francophones

Le politologue Gabriel Arsenault, professeur à l'Université de Moncton, observe un changement notable dans le discours des deux candidats envers les francophones, comparé à l'ancien chef Blaine Higgs. Contrairement à ce dernier, qui a été perçu comme hostile envers la communauté francophone et qui ne parlait pas français, Don Monahan et Daniel Allain sont tous deux bilingues. Arsenault attribue en grande partie la défaite de Higgs en 2024 à son impopularité chez les francophones, qui représentent environ 33 % de la population du Nouveau-Brunswick. Il souligne que lors des élections de 2024, la proportion de francophones dans une circonscription permettait de prédire avec précision le résultat électoral : une circonscription avec seulement 25 % de francophones avait presque 100 % de chances d'élire un candidat libéral ou vert.

Division linguistique du vote

Sous la direction de Blaine Higgs, le PCNB a connu une division linguistique marquée dans les votes, une situation qui n'était pas systématique par le passé. Par exemple, les anciens chefs progressistes-conservateurs comme Bernard Lord et Richard Bennett Hatfield avaient réussi à obtenir un soutien significatif des francophones malgré le fait qu'ils étaient unilingues anglophones. Arsenault explique que la défaite de Higgs s'explique non seulement par la langue, mais aussi par son attitude perçue comme hostile. À l'inverse, Don Monahan et Daniel Allain cherchent à atténuer cette division en adoptant une approche plus inclusive envers les francophones, ce qui pourrait faciliter leur ralliement au parti.

Profil des deux candidats

Don Monahan, élu député en 2024 dans la circonscription d'Arcadia-Butternut Valley-Maple Hills, se présente comme un candidat du changement. Ancien militaire, homme d'affaires et conseiller municipal au Québec, il n'a pas fait carrière en politique et mise sur son profil d'outsider pour redonner confiance au parti. Daniel Allain, en revanche, incarne le politicien de carrière. Il a été le premier à se lancer dans la course à la chefferie en octobre 2025 et mise sur son expérience politique pour rallier les électeurs, notamment dans les régions francophones du nord de la province et les zones urbaines. Il promet de reconstruire les associations du PCNB dans les 49 circonscriptions provinciales.

Stratégies pour rallier les francophones

Gabriel Arsenault estime que Daniel Allain pourrait être plus efficace que Don Monahan pour rallier les francophones, en partie parce que ce dernier compte parmi ses appuis des figures comme Blaine Higgs et Kris Austin, très impopulaires auprès de cette communauté. Allain, qui a déjà rencontré des membres dans toutes les circonscriptions, mise sur une plateforme inclusive pour tous les Néo-Brunswickois et sur la reconstruction des associations locales du parti. Monahan, quant à lui, n'a pas répondu aux demandes d'entrevues pour expliquer sa stratégie, mais il se présente comme un candidat porteur d'un vent de changement pour reconquérir les électeurs.

Ce que ça pourrait changer

Le nouveau chef du PCNB devra relever deux défis majeurs : se distancier de l'héritage de Blaine Higgs et se différencier du gouvernement actuel des libéraux, dirigé par Susan Holt. Arsenault souligne que le parti doit clarifier sa position et ses valeurs pour redevenir une option crédible aux yeux des électeurs. Glen Savoie, chef par intérim, insiste sur l'importance de l'unité au sein du parti pour affronter les libéraux lors des prochaines élections. Le choix du nouveau chef pourrait donc déterminer la capacité du PCNB à reconquérir le soutien des francophones et à regagner la confiance des Néo-Brunswickois.

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