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Avec des vents proches de 285 km/h, l’ouragan Polo

Presse-Citron · mis à jour 25 sept.

En moins de 24 heures, une petite tempêtre tropicale s'est transformée en monstre de catégorie 5 : l'ouragan Polo, actuellement proche des côtes du Pacifique mexicain, est le deuxième cyclone le plus intense jamais enregistré dans cette partie du globe..

Naissance ouragan Polo

Dimanche 20 septembre 2026, un amas nuageux s’est formé au sud du Mexique et a été classé comme dépression tropicale E-17 par le Centre national des ouragans. Ce terme désigne un système météorologique organisé, avec des vents soutenus inférieurs à 63 km/h, capable de se transformer en cyclone tropical. Cinq jours plus tard, cette dépression a évolué en ouragan nommé Polo, atteignant des vents soutenus proches de 250 km/h. Son œil, la zone centrale calme de l’ouragan, était si compact que les chasseurs de cyclones de la NOAA (l’agence américaine d’observation océanique et atmosphérique) ont dû le survoler pour mesurer son intensité réelle, les satellites ne suffisant plus à cette tâche. Le Centre national des ouragans a qualifié cette intensification de « véritablement remarquable », soulignant qu’elle n’a été surpassée que par l’ouragan Patricia en 2015 dans le Pacifique Est.

Puissance destructrice

L’ouragan Polo a atteint des vents maximaux de 285 km/h, classant ce cyclone en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui compte 5 niveaux. Cette échelle mesure la puissance des ouragans en fonction de la vitesse des vents et des dégâts potentiels : un ouragan de catégorie 4 provoque des destructions catastrophiques, avec des vents entre 209 et 251 km/h. La pression centrale de Polo a chuté de 88 millibars en 24 heures, une baisse record dans le bassin Pacifique, derrière Patricia (100 millibars). La pression atmosphérique agit comme le « moteur » d’un cyclone : plus elle baisse rapidement, plus l’air est aspiré vers le centre, accélérant les vents. Polo se classe ainsi au troisième rang historique pour la vitesse d’intensification de ses vents (95 nœuds en 24 heures), derrière Patricia et l’ouragan Otis de 2023.

Causes de son intensité

L’intensification exceptionnelle de Polo s’explique par deux facteurs principaux. D’abord, les eaux de surface du Pacifique oriental, surchauffées par un épisode El Niño particulièrement vigoureux, ont atteint 31 °C. El Niño est un phénomène climatique naturel caractérisé par un réchauffement anormal des eaux du Pacifique, qui favorise l’évaporation et libère une énergie thermique colossale, alimentant les ouragans. Ensuite, le cisaillement des vents, c’est-à-dire la différence de vitesse et de direction des vents entre les basses et hautes couches de l’atmosphère, est resté anormalement faible. Un cisaillement prononcé peut freiner ou désorganiser un ouragan, mais son absence a permis à Polo de s’amplifier sans entrave, en offrant un couloir d’air vertical dégagé. Ces conditions ont fait de Polo le troisième ouragan de catégorie 5 dans le Pacifique depuis juin 2026.

Risques et mesures

Depuis mardi 23 septembre 2026, Polo alterne entre les catégories 4 et 5 et ses bandes pluvieuses externes ont déjà touché les côtes des États mexicains du Guerrero, du Michoacán et du Colima. Les autorités mexicaines ont activé le plan d’urgence de l’armée, avec la fermeture de plusieurs ports et la suspension des cours dans les zones littorales exposées. Les habitants de Lázaro Cárdenas et d’Acapulco ont barricadé leurs habitations et commerces, bien que la présidente Claudia Sheinbaum ait assuré que Polo ne toucherait pas terre. Selon les prévisions du Centre national des ouragans, le cyclone devrait s’éloigner du littoral pour décrire un arc vers le nord-ouest, en direction de la péninsule de Basse-Californie, où il pourrait arriver en début de semaine prochaine encore classé ouragan, mais affaibli. Cette trajectoire limite les dégâts directs, mais souligne la menace croissante des ouragans puissants, liée au réchauffement climatique.

Ce que ça pourrait changer

L’ouragan Polo illustre l’impact du réchauffement climatique sur l’intensité des cyclones. Les eaux surchauffées du Pacifique, alimentées par El Niño, et l’affaiblissement du cisaillement des vents sont des conséquences indirectes de ce phénomène. Dans l’Atlantique, El Niño a l’effet inverse : il renforce le cisaillement et limite la formation d’ouragans, comme en témoigne l’inactivité record de la saison 2026 dans cette région. Polo est ainsi le troisième ouragan de catégorie 5 dans le Pacifique depuis juin, contre aucun dans l’Atlantique. Les scientifiques soulignent que cette tendance à des ouragans plus puissants et plus rapides à se former devrait s’accentuer avec le réchauffement climatique, posant un défi croissant pour les populations côtières et les autorités.

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