13 milliards d’€ de plus-value : en vidant ses stocks d’or détenus à New-York, la Banque de France touche le jackpot
Un juteux bénéfice pour l'institution financière..
La Banque de France a annoncé avoir réalisé une plus-value exceptionnelle de 12,8 milliards d’euros en vendant une partie de ses réserves d’or stockées à New York. Ce montant se répartit entre l’exercice 2025 (11 milliards d’euros) et les premiers mois de 2026 (1,8 milliard d’euros). Cette opération s’inscrit dans une stratégie de modernisation des stocks d’or de l’institution, engagée depuis 2005. La plus-value correspond à la différence entre le prix de vente des lingots et leur valeur comptable initiale. Le cours élevé de l’or pendant cette période a amplifié ce gain, rendant la transaction particulièrement lucrative. Aucun autre détail sur l’utilisation de ces fonds n’a été communiqué par la Banque de France.
Depuis 2005, la Banque de France remplace progressivement ses lingots d’or anciens ou non conformes aux standards internationaux par des lingots modernes, répondant aux critères actuels du marché. Cette démarche vise à simplifier la gestion des réserves en évitant les contraintes liées au raffmage, un processus de purification de l’or moins nécessaire avec des lingots déjà standardisés. En 2024, un audit interne a recommandé de finaliser ce processus pour les 129 tonnes d’or encore détenues à New York, soit environ 5 % du stock total français. Ces 129 tonnes représentent une valeur significative, mais leur remplacement par des lingots aux normes européennes a permis de dégager la plus-value record mentionnée. L’institution précise que cette modernisation n’a aucun lien avec des motivations politiques.
Entre juillet 2025 et janvier 2026, la Banque de France a effectué 26 transactions pour rapatrier ses 129 tonnes d’or depuis New York vers ses coffres en France. Ce rapatriement marque la fin définitive de la détention d’or français aux États-Unis. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a souligné que ce choix était motivé par la qualité supérieure des standards européens, et non par des raisons géopolitiques. Le cours élevé de l’or pendant cette période a également contribué à l’ampleur de la plus-value réalisée. La Banque de France confirme que ce processus est désormais totalement achevé.
Les réserves d’or de la France sont conservées dans un coffre-fort ultra-sécurisé situé à 27 mètres sous le siège de la Banque de France, dans le 1er arrondissement de Paris. Ce lieu, surnommé La Souterraine, abrite 2 437 tonnes d’or, ce qui en fait la quatrième réserve mondiale. À titre de comparaison, cette quantité représente une valeur estimée à 344 milliards d’euros au moment de la rédaction de l’article. L’accès à ce coffre est strictement contrôlé : une porte de 7 tonnes, des systèmes biométriques et des clés spécifiques sont nécessaires pour y pénétrer. Ces mesures visent à dissuader toute tentative de vol ou de sabotage. La Banque de France insiste sur le fait que ces réserves restent un pilier de la stabilité financière du pays.
Dans un contexte où le budget de l’État français est sous tension, avec deux options principales pour équilibrer les comptes : augmenter les impôts ou réduire les dépenses, l’idée de vendre une partie des réserves d’or pour profiter de la hausse de son cours a été évoquée. Cependant, la Banque de France et plusieurs experts jugent cette piste peu pertinente. En effet, l’or est traditionnellement considéré comme une réserve de valeur stable et une garantie financière en période d’incertitude économique. Vendre une partie de ces réserves pourrait affaiblir la crédibilité de la France sur les marchés internationaux. La Banque de France rappelle que ces réserves sont avant tout un outil de stabilité monétaire et non une variable d’ajustement budgétaire.

