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Généraliste

L’écriture assistée

Le Devoir · mis à jour 3 oct.

Nous exigeons, de l’auteur et du sportif, une démonstration de talent dans les limites du génie humain..

Dopage mécanique vs sportif

L’article compare deux formes de tricherie dans le sport et la littérature. Dans le cyclisme, le dopage mécanique consiste à utiliser un moteur caché dans le vélo pour augmenter la performance, comme ce fut le cas en 2016 aux Championnats du monde de cyclo-cross avec la Belge Femke Van den Driessche. Cette pratique est strictement interdite et contrôlée aux rayons X lors d’épreuves majeures comme le Tour de France. Contrairement au dopage biologique (substances chimiques), le dopage mécanique reste rare, avec un seul cas avéré en compétition officielle. L’auteur souligne que, dans le sport, l’énergie doit provenir uniquement de la biologie humaine, sans assistance technologique. En littérature, l’équivalent serait l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) pour rédiger des textes à la place de l’auteur.

IA et écriture assistée

L’IA est présentée comme une forme d’écriture assistée, comparable au dopage mécanique dans le sport. Elle permet de générer des textes en s’appuyant sur des algorithmes entraînés sur d’immenses corpus de données. L’auteur cite l’exemple de l’Affaire Thélyson Orélien, un écrivain accusé de plagiat, dont les défenseurs ont justifié ses actes en invoquant l’IA. Certains intellectuels, comme les penseurs structuralistes Barthes ou Kristeva, sont mentionnés pour leur vision du langage comme une structure prédéfinie, mais l’auteur rejette cette idée. Il insiste sur le fait que l’IA ne modifie pas seulement la technique d’écriture, mais la nature même du texte produit, passant d’un acte humain à une production algorithmique.

Limites du génie humain

L’auteur défend l’idée que, dans le sport comme en littérature, le talent doit s’exprimer dans les limites du génie humain. Il prend l’exemple de l’Américain Brandon McNulty, vainqueur d’une course sur route aux Championnats du monde de vélo à Montréal en 2025, pour illustrer cette notion. Si un moteur avait été découvert dans son vélo, la performance n’aurait pas été célébrée comme un exploit humain, mais condamnée comme une tricherie. De même, un texte généré par IA ne peut être considéré comme une œuvre originale, car il manque l’intention et la conscience humaine. L’auteur cite son propre processus d’écriture, où ses notes manuscrites sont directement retranscrites sur ordinateur, pour montrer que l’outil ne change pas la nature de la création.

Plagiat et technologie

L’affaire Thélyson Orélien, accusé de plagiat répété, est au cœur de la réflexion. Ses défenseurs ont tenté de justifier ses actes en invoquant l’évolution des techniques d’écriture, du stylo à l’IA. Cependant, l’auteur rejette cette argumentation, soulignant que l’IA ne représente pas une simple évolution technique, mais une rupture qualitative. Il rappelle qu’Orélien s’est intéressé au sport et à ses dérives, notamment dans un article de 2013 publié dans La Presse, où il évoquait des figures controversées comme Lance Armstrong (coureur dopé) et Oscar Pistorius (sprinteur aux prothèses ultrarapides). L’auteur s’interroge sur la légitimité d’un texte généré par IA, même s’il imite le style d’un chroniqueur célèbre comme Pierre Foglia.

Ce que ça pourrait changer

Pierre Foglia, chroniqueur légendaire décédé en 2025, est cité par l’auteur comme une référence en matière d’écriture authentique. Orélien lui a rendu hommage en 2025 sur *Meta*, se demandant si ce qu’il écrivait était *vrai* et *humain*. L’auteur admet avoir été impressionné par un texte généré par *ChatGPT* imitant le style de Foglia, mais il note que cette imitation était *trop parfaite*, trahissant son origine algorithmique. Il conclut que les plagiats d’Orélien, notamment le piratage d’un classique comme *Volkswagen Blues*, ne peuvent être excusés par la technologie, car ils relèvent d’une faute grave et intentionnelle.

Sujets complémentaires

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