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Géopolitique

Débordements du 17 octobre : l’UE enquête sur de possibles ingérences étrangères

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Quelques jours après les débordements en marge de la mobilisation du 17 octobre, plusieurs médias internationaux s’interrogent sur le rôle qu’auraient pu jouer des puissances étrangères via les réseaux sociaux pour “attiser la flamme des émeutes”. La France mais aussi l’Italie auraient été visées.

Enquête de l'UE

L’Union européenne (UE) a lancé une enquête pour déterminer si des puissances étrangères ont tenté d’influencer les émeutes survenues en France et dans d’autres pays européens le 17 octobre 2026. Selon le Financial Times, des services de sécurité européens ont révélé que des comptes liés à des campagnes de désinformation, notamment des comptes prorusses et d’extrême droite, ont diffusé des vidéos violentes afin d’aggraver les tensions. L’enquête suggère que plusieurs États pourraient être impliqués, dont la Russie, l’Iran et l’Algérie. La France, après l’Ukraine, serait le deuxième pays d’Europe continentale le plus ciblé par ces manœuvres de manipulation de l’information, selon le service diplomatique de l’UE.

Réactions en Italie

En Italie, les violences qui ont accompagné des manifestations à Milan ont également suscité des interrogations sur d’éventuelles ingérences étrangères. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a qualifié ces événements de guerre hybride, une expression désignant des attaques menées via des canaux non conventionnels, comme les réseaux sociaux, pour déstabiliser un pays sans recourir à une guerre ouverte. Crosetto a critiqué le manque de réaction de l’Occident face à ces menaces, soulignant que ces attaques visent à saper la stabilité des nations européennes. Cette déclaration contraste avec la position plus mesurée de la France, où le président Emmanuel Macron n’a pas utilisé ce terme.

Position de Macron

Lors d’une visite au Qatar le 21 octobre 2026, Emmanuel Macron a déclaré qu’il n’y avait pas d’ingérences étrangères visibles en France, tout en reconnaissant l’existence de manipulations étrangères de l’information. Il a critiqué des commentaires jugés inacceptables de dirigeants étrangers, sans préciser s’il faisait référence à des États spécifiques. Selon The Times, Macron aurait même empêché la publication d’un rapport officiel sur les campagnes de désinformation attribuées à l’Iran, afin de ne pas envenimer les relations avec Téhéran. Cette prudence s’inscrit dans un contexte où plusieurs médias évoquent un rôle actif de l’Iran et de la Russie dans l’amplification des tensions en France.

Rôle des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans la diffusion de contenus visant à attiser les violences. Des comptes liés à des États étrangers, comme la Russie, ont déjà été suspectés par le passé de mener des opérations de désinformation. Par exemple, en 2023, des agents russes avaient été accusés d’avoir tagué des étoiles de David bleues à Paris pour faire croire à des actes antisémites. Cette fois-ci, des experts soulignent que des acteurs étatiques tentent d’exploiter les tensions existantes en France et en Italie, mais ils précisent que leur influence ne doit pas être surestimée. Les émeutes s’expliquent aussi par des griefs locaux, et les ingérences étrangères ne seraient qu’un facteur d’amplification parmi d’autres.

Ce que ça pourrait changer

Les événements du 17 octobre 2026 s’inscrivent dans un contexte de tensions internationales accrues. La France, déjà touchée par des crises sociales, devient une cible privilégiée pour des opérations de déstabilisation. Selon le *Financial Times*, elle est le deuxième pays européen le plus visé par des manœuvres de manipulation de l’information, après l’Ukraine, un pays en guerre depuis 2022. Ces attaques s’ajoutent à des crises internes, comme les violences en Italie ou les tensions liées à l’immigration en France, qui alimentent un climat de défiance envers les institutions. Les États impliqués, comme la Russie, l’Iran ou l’Algérie, cherchent probablement à exploiter ces faiblesses pour affaiblir l’UE.

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