Croquettes, pâtées, repas maison ou menus végé : quelle est la nourriture pour chat et chien la plus écologique ?
Pourquoi la pâtée est-elle plus problématique que les croquettes pour l’environnement ? Mon chat peut-il devenir végétarien ? Vert vous aide à remplir les gamelles de façon plus écolo..
L’alimentation des chats et des chiens représente 90 % de leur empreinte carbone annuelle. Pour un chat, cela équivaut à environ 50 kilogrammes équivalent CO2 (kgCO2e) par an, tandis que pour un chien, la fourchette varie entre 125 et 595 kgCO2e selon son poids. À titre de comparaison, l’empreinte carbone moyenne de l’alimentation d’un·e Français·e est estimée à 2,1 tonnes de CO2e par an. Ces chiffres proviennent de données publiées par l’Ademe, l’Agence de la transition écologique, qui évalue l’impact environnemental des différents modes d’alimentation des animaux domestiques. L’écart s’explique par la forte dépendance des chats et des chiens aux protéines animales, dont la production industrielle génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre.
Préparer soi-même les repas de son animal avec des ingrédients frais comme du poulet ou du porc est souvent perçu comme une alternative plus saine et écologique. Pourtant, selon une analyse d’impact publiée en 2023 dans La Dépêche vétérinaire, cette pratique est la plus néfaste pour l’environnement. Un repas maison à base de poulet frais émet cinq fois plus de CO2e qu’un bol de croquettes, et jusqu’à vingt fois plus s’il est préparé avec du bœuf. Comme l’explique Charlotte Devaux, vétérinaire spécialisée en nutrition animale, le problème vient du fait que ces aliments sont issus de la filière viande destinée à l’alimentation humaine, ce qui augmente leur empreinte carbone. Les protéines animales utilisées pour nourrir les animaux de compagnie sont donc indirectement liées à une production dédiée, moins optimisée que celle des sous-produits.
Entre les croquettes et les pâtées industrielles, les croquettes sont bien plus écologiques. Une étude publiée en 2022 dans la revue Scientific Reports révèle que la pâtée peut émettre jusqu’à huit fois plus de CO2e que l’alimentation sèche. Cette différence s’explique par la composition des produits : dans les régimes humides, 90 % des calories proviennent d’ingrédients d’origine animale, contre seulement 45 % dans les régimes secs. Les croquettes et pâtées industrielles sont fabriquées à partir de sous-produits animaux, c’est-à-dire des parties de l’animal que les humain·es ne consomment pas, comme la peau, les os, le sang ou la graisse. Ces sous-produits, issus de la filière viande existante, ont une empreinte carbone bien moindre que les morceaux destinés à la consommation humaine. Pour limiter l’impact, il est donc préférable de privilégier les croquettes à base de volaille plutôt que de bœuf, de mouton ou de porc.
Nourrir son chat ou son chien avec une alimentation végétarienne ou végane est techniquement possible, mais complexe à mettre en œuvre. Les chats, étant des carnivores stricts, ont des besoins nutritionnels spécifiques en acides aminés, acides gras essentiels, vitamines et minéraux, qui sont principalement apportés par les protéines animales. Les chiens, bien que plus flexibles, nécessitent aussi des nutriments difficiles à remplacer sans viande. Charlotte Devaux, vétérinaire, souligne que les rations ménagères végétariennes ou végétaliennes présentent un risque élevé de carences, surtout pour les chats. Côté industriel, certaines marques vétérinaires proposent des aliments végétariens de qualité, souvent à base de soja et enrichis en nutriments, mais elles contiennent généralement de l’huile de poisson. En revanche, les gammes végétales des marques grand public sont souvent déséquilibrées : une étude étatsunienne de 2015 a montré que seules cinq références végétariennes sur 21 couvraient les besoins nutritionnels des animaux, tandis que des études brésilienne, allemande et canadienne n’ont identifié aucun produit végétalien répondant aux exigences nutritionnelles.
Plusieurs marques proposent des croquettes et terrines pour animaux à base de protéines d’insectes, présentées comme une alternative écologique. Pourtant, cette option n’est pas aussi vertueuse qu’il y paraît. Les élevages d’insectes sont énergivores, car ils nécessitent un chauffage constant entre 25 °C et 30 °C pour maintenir les conditions optimales de développement. De plus, les insectes ne peuvent pas être nourris avec des déchets organiques : les éleveurs doivent utiliser des dérivés de céréales, habituellement destinés à d’autres types d’élevages, ce qui limite leur avantage environnemental. Comme le résume une étude de 2021 publiée dans le *Journal of Insects as Food and Feed*, les protéines d’insectes pourraient être une piste pour l’alimentation humaine, mais elles offrent peu d’intérêt pour les animaux domestiques. Charlotte Devaux conclut que, sur le plan écologique, il est préférable d’opter pour des croquettes à base de poulet plutôt que pour des croquettes aux insectes, car la viande utilisée dans les croquettes provient déjà de sous-produits animaux.

