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Généraliste

Duhaime tiendrait compte des valeurs sociales du pays d’origine pour sélectionner les immigrants

Le Devoir · mis à jour il y a 6 j

Le PCQ propose de rendre le Québec «moins attractif», notamment en baissant l’aide sociale pour les demandeurs d’asile..

Nouveaux critères d'immigration

Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, propose de modifier les critères de sélection des immigrants en accordant une partie des points en fonction du pays d'origine. L'objectif est de privilégier les candidats dont les valeurs sociales correspondent à celles du Québec. Selon Duhaime, ces valeurs incluent notamment l'égalité entre les hommes et les femmes ainsi que les droits des personnes LGBTQ+. La quantité de points attribuée serait similaire à celle accordée pour la maîtrise du français. Les pays seront évalués à partir d'indices internationaux existants, bien qu'aucune liste définitive ne soit encore établie. Cette mesure s'inscrit dans une volonté de «reprendre le contrôle» sur l'immigration au Québec.

Réduction des demandeurs d'asile

Pour diminuer le nombre de demandeurs d'asile, le PCQ souhaite rendre le Québec «moins attractif» en réduisant l'aide sociale de 25 %, en la réservant à une aide d'urgence. Le parti propose également de prioriser les Québécois pour l'accès aux garderies subventionnées et aux logements sociaux. Une autre mesure envisagée est l'arrêt du remboursement par le Québec des frais d'avocats et de consultants en immigration pour les demandeurs d'asile. Ces propositions s'appuient sur l'idée que certains demandeurs d'asile profiteraient des programmes sociaux québécois sans y avoir droit. En 2018, le gouvernement de Philippe Couillard avait déjà tenté de limiter l'accès aux garderies aux parents détenant un permis de travail, une décision contestée qui a atteint la Cour suprême du Canada.

Immigration économique et régionale

Le PCQ mise sur l'immigration économique pour répondre aux besoins du Québec, en particulier dans les régions. Le parti prévoit la création de tables régionales dédiées à l'immigration dans chacune des 17 régions du Québec. L'objectif est de favoriser une répartition plus équilibrée des immigrants sur le territoire, plutôt que leur concentration dans les grands centres urbains. Sur le plan national, Duhaime souhaite que le Québec rattrape la moyenne d'immigration du Canada, tout en évitant d'augmenter le seuil actuel d'immigration temporaire. Historiquement, le Québec accueillait un nombre d'immigrants proche de cette moyenne, mais celle-ci a été dépassée ces dernières années.

Pleins pouvoirs en immigration

Éric Duhaime souhaite que le Québec obtienne les pleins pouvoirs en matière d'immigration, une demande déjà formulée par d'autres dirigeants politiques comme François Legault sans succès. Pour y parvenir, il propose de bâtir un rapport de force avec le gouvernement fédéral en s'alliant avec d'autres provinces autonomistes, notamment l'Alberta. Duhaime évoque également une démarche transpartisane, impliquant tous les partis politiques, pour faire avancer cette demande. Il estime que la partisanerie doit être mise de côté pour atteindre cet objectif. En parallèle, il souhaite réduire l'octroi de visas pour les pays jugés «problématiques», sans préciser lesquels, en se basant sur le nombre de demandeurs d'asile retournés dans leur pays d'origine après un ou deux ans.

Ce que ça pourrait changer

Le plan du PCQ en immigration s'inscrit dans un contexte politique et judiciaire complexe. En mars 2025, la Cour suprême du Canada a statué que le Québec ne pouvait restreindre l'accès aux centres de la petite enfance (CPE) aux demandeurs d'asile, une décision qualifiée de discriminatoire. Cette restriction avait été mise en place par le gouvernement de Philippe Couillard en 2018, puis maintenue par la Coalition avenir Québec (CAQ) jusqu'à la décision de la Cour suprême. Duhaime critique également le Parti québécois (PQ) pour son analyse de la situation migratoire, estimant que ce parti a «le bon diagnostic» mais propose des solutions inadéquates. Il se distingue ainsi des autres formations politiques sur la question de l'immigration.

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