La Russie n’a pas «changé d’attitude», observe Zelensky après des frappes sur l’Ukraine
Après la visite de Steve Witkoff, Moscou et Kiev ont mené des attaques d’ampleur contre le territoire adverse..
Dans la nuit du 21 au 22 octobre 2026, la Russie a mené de nouvelles frappes massives contre l'Ukraine, utilisant 21 missiles balistiques et plus de 200 drones. Ces attaques ont ciblé plusieurs régions, dont la capitale Kiev, endommageant des installations énergétiques. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ces frappes ont fait au moins deux morts et 34 blessés. Ces événements surviennent alors que des discussions diplomatiques étaient en cours pour relancer les négociations de paix entre les deux pays. Zelensky a critiqué l'absence de changement dans l'attitude russe, soulignant que ces attaques prouvaient la poursuite de la stratégie offensive de Moscou malgré les pourparlers.
L'émissaire spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a mené des discussions à Oslo avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens, puis à Saint-Pétersbourg avec Vladimir Poutine, afin de relancer les pourparlers de paix gelés depuis le début de l'année 2026. Après ces rencontres, les deux parties se sont déclarées prêtes à reprendre des négociations directes sous médiation américaine. La Russie a évoqué une date possible vers le 10 novembre, tandis que l'Ukraine plaidait pour des discussions « dès que possible ». Cependant, les positions restent très éloignées : l'Ukraine exige un cessez-le-feu immédiat avant toute négociation, tandis que la Russie conditionne un arrêt des combats à un accord préalable sur le fond, notamment sur la question des territoires occupés.
En réponse aux attaques ukrainiennes, la Russie affirme avoir abattu au moins 808 drones ukrainiens au cours de la même nuit, dans plus de vingt régions ainsi qu'en Crimée, une péninsule annexée par la Russie en 2014. Ces drones ont causé plusieurs blessés. Ces échanges de frappes illustrent l'intensification des hostilités malgré les efforts diplomatiques. Les drones sont des engins volants sans pilote, souvent utilisés pour des missions de reconnaissance ou d'attaque à distance. La Crimée, stratégique pour la Russie, est un territoire disputé depuis son annexion, non reconnue par la communauté internationale.
Donald Trump, président des États-Unis, s'est dit optimiste quant à une résolution proche du conflit, affirmant que les discussions avec Vladimir Poutine pourraient aboutir à un dénouement. Il a déclaré : « Peut-être que nous n’en avons jamais été aussi proches ». Cependant, le Kremlin a tempéré ces attentes, estimant que les propositions présentées par Kiev et les Européens lors des rencontres à Oslo « ne comportaient pas grand-chose ». Les négociations entre les trois pays avaient déjà échoué en 2025, notamment en raison du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Les États-Unis et la Russie ont des positions divergentes sur l'architecture de sécurité en Europe, Moscou considérant l'élargissement de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) comme une menace existentielle.
Les relations entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump se sont dégradées ces dernières semaines. Trump reproche à Zelensky ses frappes sur les raffineries russes, qu'il juge responsables de la pénurie mondiale de carburant et de la hausse des prix. Il accuse également Zelensky de ne pas vouloir aboutir à un accord de paix avec Moscou. De son côté, Zelensky dénonce un accord entre Moscou et Washington pour la fourniture massive de diesel et la levée partielle des sanctions contre la Russie. Ces tensions ont conduit à un arrêt des alertes précoces américaines avertissant l'Ukraine des missiles russes en approche, ainsi qu'à des limitations du réseau satellitaire Starlink de SpaceX, essentiel pour les communications militaires ukrainiennes. Les États-Unis ont cependant démenti tout changement dans leur soutien à l'Ukraine.
Le Kremlin a évoqué la préparation d'une rencontre trilatérale entre Vladimir Poutine, Donald Trump et Xi Jinping, dirigeants de la Russie, des États-Unis et de la Chine. Ce sommet, prévu en marge du sommet de l'**APEC** (Coopération économique pour l'Asie-Pacifique) en novembre 2026 en Chine, serait la première rencontre dédiée entre ces trois puissances. L'objectif serait de discuter de l'architecture de sécurité en Europe, notamment de la question de l'élargissement de l'OTAN, et de la guerre en Ukraine. Cette initiative s'inscrit dans un contexte où les tensions géopolitiques restent élevées, avec des positions souvent antagonistes entre les grandes puissances.

