Contre-tarifs : Fréchette convoque ses ministres pour une réunion spéciale lundi
Les ministres vont se réunir quelques heures avant l'entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens..
La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a convoqué une réunion exceptionnelle de son Conseil des ministres pour le lundi 6 septembre 2026, quelques heures avant l'entrée en vigueur des contre-tarifs canadiens contre les États-Unis. Cette rencontre, qui se déroule en pleine campagne électorale, est inhabituelle car les gouvernements restreignent généralement leurs activités à l'expédition des affaires courantes pendant une élection. La réunion portera sur la guerre tarifaire en cours avec les États-Unis, un conflit commercial qui s'intensifie depuis plusieurs semaines. Deux sources ont confirmé à Radio-Canada l'importance de cette réunion et son sujet principal. Cette décision marque un changement de priorité pour le gouvernement, qui doit gérer à la fois la campagne électorale et une crise économique majeure.
La guerre tarifaire entre le Canada et les États-Unis a débuté le 27 août 2026, lorsque le président américain Donald Trump a signé un décret imposant des droits de douane de 50% sur près de 28 milliards de dollars de produits canadiens. Cette mesure était une réponse aux contre-tarifs annoncés par le gouvernement canadien. En représailles, le Canada active désormais des contre-tarifs sur des centaines de produits américains, avec des taux variant de 15% à 50%. Parmi les produits touchés figurent l'acier, l'aluminium, les vêtements, les fromages et les véhicules automobiles. Cette escalade tarifaire s'inscrit dans une stratégie de rétorsion dollar pour dollar, promise par le ministre des Finances Mark Carney en août 2025, après l'échec des négociations entre Ottawa et Washington.
Christine Fréchette a pris une pause dans sa campagne électorale le dimanche 5 septembre 2026 pour préparer les mesures liées aux contre-tarifs. Cette interruption est la première depuis le début de la campagne, le 27 août 2026. Cette décision rappelle celle de l'ancien premier ministre canadien Mark Carney, qui avait également mis sa campagne en pause à trois reprises en 2025 pour gérer le conflit commercial avec les États-Unis. Cependant, cette stratégie avait été critiquée par ses adversaires, qui l'accusaient d'utiliser son rôle de chef d'État pour des gains électoraux. Les sondages récents montrent une progression de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans les intentions de vote, en partie grâce à la gestion de cette crise tarifaire par le gouvernement.
Les nouveaux tarifs douaniers canadiens toucheront 27,6 milliards de dollars d'importations américaines, selon le ministère des Finances. Les produits les plus touchés incluent l'acier, le fer, l'aluminium, les luminaires, le bois, les pâtes et papiers, les vêtements et les produits de beauté, avec des droits de douane de 50%. Les véhicules automobiles, les électroménagers et plusieurs fromages américains subiront une surtaxe de 25%, tandis que les appareils agricoles, le caoutchouc, les plastiques et les appareils de ventilation seront frappés d'un tarif de 15%. Ces mesures pourraient entraîner une hausse des prix pour les consommateurs canadiens, notamment sur des produits du quotidien. Le gouvernement a déjà mis en place deux programmes d'aide pour les entreprises québécoises touchées, offrant des prêts sans intérêts pouvant aller jusqu'à 50 millions de dollars. Ottawa a également prévu 7,5 milliards de dollars d'aide aux entreprises et aux employés affectés par la guerre commerciale.
La guerre tarifaire pourrait s'aggraver dans les mois à venir. Donald Trump a menacé de doubler les droits de douane sur les véhicules automobiles, leurs pièces et l'acier canadien, passant de 25% à 50% dès le 1er janvier 2027. Christine Fréchette a exprimé des réserves sur la stratégie de rétorsion *dollar pour dollar* adoptée par Ottawa, privilégiant une approche plus stratégique et symbolique. Elle a souligné l'importance de choisir des mesures de représailles qui maximisent l'impact politique et économique, plutôt que de répondre systématiquement à chaque mesure américaine. Cette position reflète une volonté de trouver un équilibre entre la défense des intérêts économiques du Québec et la gestion des tensions commerciales avec les États-Unis.

