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Le documentaire israélien Naza, sur la guerre à Gaza

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 j

Naza, qui porte sur les victimes civiles de la guerre à Gaza, a été primé au Festival du film de Venise..

Documentaire primé à Venise

Le documentaire israélien Naza a remporté le prix spécial du jury à la Mostra de Venise le 10 septembre 2026, recevant une standing ovation de près de 25 minutes, un record selon le média Deadline. Réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, le film aborde les victimes civiles de la guerre à Gaza. Il s’agit du deuxième documentaire des deux réalisateurs, après No Other Land, qui avait remporté l’Oscar du meilleur documentaire en 2025. Naza est coproduit par The Guardian et Jonathan Glazer, réalisateur du film La zone d’intérêt, récompensé par un Oscar en 2023. Le film n’est pas encore accessible au public, mais les réalisateurs prévoient de le diffuser en Israël, en Europe et aux États-Unis.

Allégations controversées

Dans Naza, 24 témoins, dont des officiers du renseignement et des soldats israéliens, affirment que l’armée utilise l’intelligence artificielle (IA) pour identifier des cibles potentielles du Hamas à Gaza, en sachant que des civils palestiniens risquent d’être tués. L’IA est un système informatique capable d’analyser des données pour prendre des décisions ou suggérer des actions. Les témoignages suggèrent que les frappes israéliennes ciblent des civils de manière systématique, ce que l’armée israélienne nie. Elle reconnaît utiliser l’IA pour aider à identifier des cibles, mais affirme qu’un humain prend toujours la décision finale avant une frappe. Le film révèle aussi que Naza est un acronyme utilisé par l’armée israélienne pour désigner les dommages collatéraux, c’est-à-dire les victimes civiles non intentionnelles lors d’opérations militaires.

Réactions politiques en Israël

Le documentaire a provoqué une vive polémique en Israël. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a accusé les réalisateurs d’incitation à la haine et d’antisémitisme, déclarant que ces accusations venues de l’intérieur du pays étaient insupportables. Le ministre de la Culture, Miki Zohar, a demandé que les réalisateurs, Yuval Abraham et Rachel Szor, se voient retirer leur nationalité israélienne. Le général Eyal Zamir, chef d’état-major de l’armée, a ordonné une enquête sur d’éventuelles fuites dans le film. Doron Spielman, porte-parole du cabinet de Nétanyahou, a remis en cause les motivations des réalisateurs, suggérant qu’ils cherchaient des récompenses internationales venues d’ennemis d’Israël. Aucun responsable israélien n’a vu le film avant de le critiquer.

Contexte de la guerre à Gaza

Le documentaire s’inscrit dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023. Ce jour-là, des combattants du Hamas ont tué environ 1 200 personnes en Israël et pris 251 otages, marquant la journée la plus meurtrière de l’histoire d’Israël. Depuis le début de la guerre, près de trois ans plus tard, Gaza a été largement détruite et au moins 73 789 Palestiniens ont été tués, selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas. Ces chiffres, jugés fiables par l’ONU, ne distinguent pas entre civils et combattants. La guerre a suscité une condamnation internationale et des accusations de crimes de guerre contre Israël.

Ce que ça pourrait changer

Yuval Abraham a défendu la méthode de vérification des témoignages utilisée pour *Naza*, soulignant que de nombreux soldats israéliens souhaitaient partager leur expérience mais craignaient des représailles. Il a également critiqué l’absence d’enquêtes journalistiques israéliennes sur les morts de civils et les règles d’engagement de l’armée pendant la guerre. Abraham a expliqué que les réalisateurs avaient reçu des témoignages sous le sceau de la confidentialité pour protéger leurs sources. Le film s’ajoute à une série de critiques internationales contre la conduite d’Israël dans ce conflit, tandis que le pays réagit souvent en discréditant les détracteurs plutôt qu’en répondant aux allégations.

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