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Fin du tout-tactile : la Chine oblige les constructeurs à réintroduire des commandes physiques

Numerama · mis à jour il y a 29 j

La Chine s'attaque à la tendance du tout-tactile dans les habitacles de voitures. Pour une question de sécurité, le gouvernement local a voté pour le retour des commandes physiques pour l'utilisation des fonctions essentielles du véhicule, comme les clignotants ou encore le sélecteur de vitesse.

Nouvelle norme chinoise

En juillet 2026, le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) a finalisé une révision de la norme nationale GB 4094-2016, intitulée « Marquage des organes de commande, indicateurs et dispositifs de signalisation des véhicules automobiles ». Cette norme, élaborée avec des constructeurs comme Geely, FAW-Volkswagen ou BYD, impose le retour des commandes physiques pour certaines fonctions essentielles des véhicules. L’objectif est de limiter les risques de distraction au volant, liés à l’utilisation exclusive d’écrans tactiles. La nouvelle réglementation entrera en vigueur le 1er juillet 2027, laissant aux constructeurs moins d’un an pour adapter leurs modèles. Cette décision s’inscrit dans une volonté du gouvernement chinois de reprendre le contrôle sur les choix de conception automobile, souvent dictés par des critères esthétiques ou économiques plutôt que par la sécurité.

Fonctions concernées

La norme chinoise impose que 19 fonctions essentielles soient commandées par un bouton, une molette ou un levier physique, et non uniquement via un écran tactile. Parmi ces fonctions figurent les clignotants, les feux de détresse, l’avertisseur sonore, le sélecteur de vitesses (PRND : Parking, Reverse, Neutral, Drive), les essuie-glaces, le dégivrage du pare-brise, les lève-vitres électriques, le système d’appel d’urgence et l’activation ou l’arrêt de la motorisation électrique. Les commandes doivent respecter des critères précis : une surface minimale de 10 x 10 mm, une position fixe permettant une utilisation à l’aveugle, ainsi qu’un retour haptique ou sonore. Seules les fonctions moins critiques, comme le réglage de la climatisation ou du volume audio, pourront rester tactiles. Cette liste vise à garantir que les actions les plus importantes pour la sécurité restent accessibles sans détourner le regard de la route.

Origine du problème

Le mouvement vers le tout-tactile dans les habitacles de voitures a été largement initié par Tesla avec sa Model S en 2012, une tendance rapidement adoptée par l’ensemble de l’industrie automobile, notamment par les constructeurs chinois de véhicules électriques. Cependant, cette généralisation des écrans a révélé des limites en matière de sécurité. Les conducteurs doivent souvent quitter la route des yeux pour activer des commandes basiques, comme les clignotants ou le sélecteur de vitesses, ce qui augmente les risques d’accidents. Volkswagen a déjà corrigé cette approche sur certains modèles, comme l’ID. Polo et l’ID.3 Neo, en réintroduisant des boutons physiques. En Europe, le protocole Euro NCAP encourage désormais la présence de commandes physiques pour certaines fonctions clés, bien que sans obligation aussi stricte qu’en Chine.

Ce que ça pourrait changer

Les constructeurs automobiles, notamment ceux présents sur le marché chinois — un secteur clé pour l’innovation mondiale —, disposent de moins d’un an pour adapter leurs véhicules aux nouvelles exigences. La Chine, en imposant cette norme, pourrait influencer d’autres régions à légiférer de manière similaire. Cette réglementation marque un tournant dans la conception des habitacles, où l’esthétique et les économies d’échelle avaient jusqu’ici primé sur la sécurité. Les marques devront désormais concilier design moderne et accessibilité des commandes, tout en respectant des critères techniques stricts pour garantir une utilisation intuitive et sûre. Cette décision pourrait aussi ralentir la course aux écrans géants, symbole d’un minimalisme parfois excessif.

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