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Environnement

Chauffage, transport : la baisse des émissions se poursuit, mais pas assez vite

Reporterre · mis à jour il y a 2 j

Les émissions de gaz à effet de serre devraient reculer de 2,8 % en France en 2026. Ce ralentissement est dû à l'effet dissuasif du prix élevé du gazole, a estimé le 13 octobre le Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa).

Baisse des émissions en France

En France, les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées au chauffage et au transport ont continué de diminuer en 2023, selon les dernières données officielles. Les GES sont des gaz, comme le dioxyde de carbone (CO₂) ou le méthane (CH₄), qui piègent la chaleur dans l’atmosphère et contribuent au réchauffement climatique. Cette baisse s’élève à 2,5 % pour le chauffage et à 1,8 % pour le transport par rapport à 2022. Ces chiffres proviennent du Bilan énergétique de la France publié par le ministère de la Transition écologique. Cependant, cette diminution reste insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques fixés par la France et l’Union européenne. Ces objectifs visent une réduction de 40 % des émissions d’ici 2030 par rapport à 1990, une année de référence pour mesurer les progrès.

Chauffage : progrès limités

La baisse des émissions liées au chauffage s’explique en partie par l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements et par le remplacement progressif des chaudières à fioul ou à gaz par des systèmes moins polluants, comme les pompes à chaleur. Une pompe à chaleur est un appareil qui capte les calories présentes dans l’air ou le sol pour chauffer un logement, réduisant ainsi la consommation d’énergie fossile. Malgré ces avancées, le chauffage reste responsable de 12 % des émissions nationales de GES. Les efforts doivent se poursuivre, notamment pour accélérer la rénovation des bâtiments, qui représentent un tiers des émissions du secteur. En 2023, seulement 500 000 logements ont été rénovés, un rythme bien inférieur aux 700 000 nécessaires chaque année pour tenir les objectifs.

Transport : légère amélioration

Le secteur des transports, qui représente près de 30 % des émissions de GES en France, a enregistré une baisse de 1,8 % en 2023. Cette amélioration est attribuée à plusieurs facteurs, dont l’augmentation de l’usage des transports en commun, des véhicules électriques et du covoiturage. Cependant, la dépendance à la voiture individuelle reste forte, avec 60 % des déplacements quotidiens effectués en voiture. Les émissions des véhicules thermiques (essence et diesel) diminuent grâce aux normes européennes d’émissions, mais leur remplacement par des véhicules électriques ou à hydrogène est encore trop lent. En 2023, seulement 14 % des nouvelles immatriculations concernaient des véhicules électriques, un chiffre en hausse mais encore insuffisant pour une transition rapide.

Objectifs climatiques en danger

Malgré la baisse des émissions, la France et l’Union européenne risquent de ne pas atteindre leurs objectifs climatiques pour 2030. Selon les projections, les émissions devraient diminuer de 3 % par an en moyenne pour respecter l’Accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement à 1,5 °C. Or, en 2023, la réduction n’a été que de 2,5 % pour le chauffage et 1,8 % pour le transport. Les experts soulignent que des mesures plus ambitieuses sont nécessaires, comme l’interdiction des chaudières à gaz neuves d’ici 2024 ou l’accélération du déploiement des transports en commun. Sans actions supplémentaires, la France pourrait manquer ses cibles, entraînant des sanctions financières et une aggravation du changement climatique.

Ce que ça pourrait changer

Les politiques publiques jouent un rôle clé dans la réduction des émissions. En France, des dispositifs comme les *Certificats d’Économies d’Énergie* (CEE) encouragent les ménages à rénover leurs logements en subventionnant les travaux d’isolation ou le remplacement des chaudières. Les CEE sont des aides financières attribuées aux fournisseurs d’énergie, qui les répercutent sur les factures des consommateurs. Pour le transport, des mesures comme les *Zones à Faibles Émissions* (ZFE), où l’accès est restreint aux véhicules les plus polluants, visent à réduire la pollution urbaine. Cependant, leur mise en œuvre reste inégale selon les régions. Par exemple, en 2023, seulement 11 métropoles françaises avaient instauré une ZFE, alors que 43 sont prévues d’ici 2025.

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