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Généraliste

Dans le débat sur l’indépendance de l’Alberta, Calgary opte pour l’unité nationale

ICI Radio-Canada · mis à jour 23 sept.

Le maire craint que les investisseurs ne fuient Calgary et que l'Alberta ne devienne le 51e État américain..

Calgary contre sécession

Le conseil municipal de Calgary, en Alberta, a adopté à une large majorité une motion réaffirmant son attachement à la province et au Canada. Lors d’un vote le 19 octobre, 14 conseillers sur 15 ont soutenu cette position, présentée par le maire Jeromy Farkas. Cette décision intervient à quelques semaines d’un référendum prévu en Alberta, où les électeurs devront choisir entre rester dans le Canada ou entamer une procédure pour organiser un nouveau vote sur la sécession. Le référendum inclut une question directe sur l’avenir politique de la province, qui pourrait théoriquement devenir un pays indépendant. Calgary, ville économique majeure de l’Alberta, craint qu’une telle séparation n’affaiblisse sa position et n’entraîne des conséquences négatives pour ses habitants.

Risques économiques évoqués

Le maire Jeromy Farkas a justifié cette prise de position par les risques économiques que représenterait une sécession de l’Alberta pour Calgary. Selon lui, une telle décision pourrait provoquer une fuite massive des investissements et des capitaux hors de la ville, fragilisant son économie. Il a également évoqué un scénario où l’Alberta, une fois indépendante, serait contrainte de se rattacher aux États-Unis pour survivre, devenant ainsi le 51e État américain. Ces craintes s’appuient sur un rapport estimant que le coût d’une indépendance pourrait atteindre entre 50 et 170 milliards de dollars sur cinq ans. Ces chiffres illustrent les défis financiers et logistiques d’une telle séparation, notamment en termes de perte de revenus fiscaux et de complexité administrative.

Position d'Edmonton similaire

La position adoptée par Calgary s’aligne sur celle d’Edmonton, la capitale albertaine, qui avait déjà pris une décision similaire plus tôt dans l’année. Cette convergence de vues entre les deux principales villes de la province renforce le message d’unité nationale au sein de l’Alberta. Les deux municipalités partagent des craintes communes quant aux conséquences économiques d’une sécession, notamment en matière d’attractivité pour les entreprises et les investisseurs. Edmonton et Calgary, en tant que moteurs économiques de la province, jouent un rôle clé dans le débat sur l’indépendance, en raison de leur poids démographique et industriel.

Débat interne à Calgary

Malgré le large consensus au sein du conseil municipal, une voix discordante s’est élevée contre la motion. Le conseiller Mike Jamieson, seul à avoir voté contre, a estimé que la Ville ne devrait pas prendre position sur un sujet aussi clivant pour la population. Pour lui, une prise de position officielle risquait d’aggraver les divisions au sein de la communauté calgarienne. Il a précisé qu’il ne souhaitait pas influencer le vote des habitants lors du référendum à venir, sans pour autant révéler son propre choix. Cette divergence illustre les tensions internes que soulève le débat sur la sécession, même au sein des institutions locales.

Ce que ça pourrait changer

Les partisans d’une Alberta indépendante, comme le groupe *Alberta Prosperity Project*, contestent les craintes économiques évoquées par les opposants à la sécession. Selon eux, une Alberta indépendante pourrait prospérer sans la *réglementation excessive* d’Ottawa, notamment en matière de politiques fiscales et environnementales. Ils estiment que la province dispose de ressources suffisantes pour devenir un pays viable, avec une économie dynamique et autonome. Cette vision s’oppose frontalement aux arguments du maire Farkas, qui voit dans l’indépendance un risque majeur pour la stabilité économique de Calgary et de l’Alberta dans son ensemble.

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