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Généraliste

De 17 % à 23 % : Mark Carney fait plus de place au français qu’avant

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Une nouvelle compilation de Radio-Canada montre une hausse du contenu en français dans ses discours..

Amélioration notable

Mark Carney, premier ministre du Canada depuis avril 2025, a significativement augmenté la proportion de français dans ses discours officiels. Entre le 16 septembre 2025 et le 8 octobre 2026, il a parlé 23 % du temps en français, contre seulement 17 % lors des premiers mois de son mandat. Cette hausse de 6 points de pourcentage résulte d’un ajustement volontaire, comme le confirme une source proche du premier ministre. L’objectif initial, fixé de manière humoristique lors d’une émission télévisée en 2025, a donc été atteint. Radio-Canada a analysé 172 discours et allocutions pour établir ces chiffres, en excluant les réponses aux questions des journalistes, car leur contenu dépend davantage des interlocuteurs que du premier ministre lui-même.

Variations régionales

La proportion de français dans les discours de Mark Carney varie fortement selon les régions du Canada. Au Québec, il a parlé près de 55 % du temps en français sur les 12 derniers mois, avec des pics comme lors d’un discours à la Citadelle de Québec en janvier 2026 (48 % en français). Au Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue du pays, la proportion atteint 38 %. En revanche, dans des provinces anglophones comme l’Alberta ou la Colombie-Britannique, le français ne représente que 14 % du temps de parole. À l’étranger, la proportion reste faible, à 14,5 %, malgré une légère hausse par rapport à l’année précédente (13 %). Par exemple, son discours à Davos en 2026 a été prononcé à 93 % en anglais, ne laissant que 7 % au français. Ces différences reflètent probablement des choix stratégiques adaptés au public visé.

Réactions et critiques

La première compilation des discours de Mark Carney, publiée en octobre 2025, avait révélé une faible place accordée au français, déclenchant des critiques. Cette publication a incité le bureau du premier ministre à ajuster sa communication. François Larocque, expert en droits linguistiques à l’Université d’Ottawa, salue cette progression mais estime que l’idéal serait une parité entre français et anglais, soit 50 % pour chaque langue. Il souligne que, bien que la Loi sur les langues officielles ne s’applique pas aux individus, le premier ministre, en tant que représentant de l’État, devrait donner l’exemple. Mark Carney a également été critiqué pour l’absence de rédacteurs de discours francophones à son arrivée, une situation corrigée depuis. Son engagement personnel dans l’apprentissage du français, malgré une interruption temporaire de ses cours, est désormais confirmé.

Contexte historique

Mark Carney n’est pas le premier premier ministre à adapter sa communication linguistique. Justin Trudeau avait fixé un seuil minimal de 30 % de français pour les discours dans les régions anglophones et de 80 % au Québec. Stephen Harper, lui, privilégiait une approche différente : il prononçait ses discours entièrement en français avant de les répéter en anglais, même à l’étranger. Ces pratiques montrent que la place du français dans les allocutions officielles varie selon les dirigeants. Le ministre des Langues officielles en 2025, Steven Guilbeault, avait d’ailleurs prédit une amélioration des pratiques de Mark Carney, anticipant une volonté de mieux respecter le bilinguisme institutionnel.

Ce que ça pourrait changer

Radio-Canada a mesuré le temps de parole en français et en anglais de Mark Carney en analysant 172 discours et allocutions entre septembre 2025 et octobre 2026, sans inclure les réponses aux questions des journalistes. Cette méthode, identique à celle utilisée pour la première compilation, garantit une comparaison cohérente. Le français représente désormais 23 % du temps total, contre 17 % précédemment. Cependant, des experts comme François Larocque estiment que cette proportion reste insuffisante pour refléter l’égalité entre les deux langues officielles du Canada. Le *Comité permanent des langues officielles* a examiné cette question et doit déposer un rapport dans les prochaines semaines, qui pourrait influencer les futures pratiques du gouvernement.

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