‘Dumpster fire’: Postmedia’s decade of pushing Canada’s politics to the right
Canada’s largest newspaper chain has amplified conservative grievance politics — creating fertile ground for MAGA-style ideas, Alberta separatism, and an increasingly polarized political landscape The post ‘Dumpster fire’: Postmedia’s decade of pushing Canada’s politics to the right appeared first on Ricochet..
Postmedia est le plus grand groupe de presse quotidienne au Canada, détenant plus de la moitié des journaux quotidiens du pays. Il possède des titres majeurs comme le National Post, le Toronto Sun ou le Montreal Gazette, ainsi que des journaux locaux à Ottawa, Vancouver, Calgary, Edmonton, Halifax, Saskatoon et Regina. Cette concentration de la propriété des médias lui confère une influence majeure sur la perception des événements et le débat politique au Canada. Selon Marc Edge, auteur de The Postmedia Effect, le groupe a transformé ces dernières années ses journaux en un ensemble conservateur, en imposant une ligne éditoriale de plus en plus à droite, notamment via des directives centralisées. Cette évolution s’accompagne d’une réduction des effectifs, avec 1 200 licenciements entre 2016 et 2020, et des fermetures de titres locaux, ce qui limite la production d’informations locales.
Depuis 2016, Postmedia est majoritairement détenu par Chatham Asset Management, un fonds d’investissement américain basé dans le New Jersey. Ce fonds est dirigé par Anthony Melchiorre, un donateur républicain proche de Donald Trump. Chatham possède également des titres comme le National Enquirer et le groupe McClatchy, qui édite des journaux comme le Miami Herald. Bien que des restrictions légales limitent l’influence directe de Chatham sur la direction éditoriale de Postmedia, l’objectif principal du fonds est financier : Postmedia est endetté et dépend de subventions gouvernementales, comme les 35 millions de dollars reçus en 2021, malgré des critiques passées contre les aides publiques. Parker, un ancien journaliste de Postmedia, décrit l’entreprise comme une « usine à dette » servant à attirer des investisseurs américains.
Postmedia a imposé une centralisation de sa ligne éditoriale, poussant tous ses titres vers la droite politique. Cette orientation se manifeste par la publication d’articles et de chroniques ouvertement conservateurs, voire extrêmes, comme ceux d’Adam Zivo, qui a revendiqué des liens avec les services de renseignement ukrainiens, ou de Tristin Hopper, connu pour des propos violents envers des manifestants pro-palestiniens. Les journalistes locaux décrivent une pression pour aligner les contenus sur cette ligne, avec des consignes explicites ou implicites. Par exemple, le National Post impose des articles et des chroniques de son siège social à tous ses titres, réduisant l’autonomie des rédactions locales. En 2023, Postmedia a annoncé le licenciement de 11 % de ses effectifs éditoriaux.
Le National Post et d’autres titres de Postmedia amplifient les narratives de mécontentement en Alberta, sans les soutenir explicitement. Ces récits, qui dénoncent un traitement inéquitable du gouvernement fédéral, ont contribué à normaliser l’idée d’une indépendance de l’Alberta. En octobre 2019, un référendum sur la tenue d’un futur référendum d’indépendance a été organisé, avec un soutien stable à 27 % selon les sondages. Conrad Black, fondateur du National Post et proche de Donald Trump, a publié des articles soutenant ces revendications, comme en mai 2026 où il affirmait qu’une restriction des exportations de pétrole albertain pourrait pousser la province à quitter le Canada. L’ancien premier ministre Jason Kenney, aujourd’hui membre du conseil d’administration de Postmedia, a également joué un rôle dans cette dynamique.
Le National Post et ses chroniqueurs, comme Conrad Black ou Terrence Corcoran, minimisent régulièrement les enjeux climatiques. Le journal a été classé dernier en 2021 dans une étude sur la couverture médiatique du climat, parmi 17 journaux canadiens, américains, britanniques, australiens et néo-zélandais. Ses titres récents incluent des formulations comme « Le coût élevé de l’alarmisme climatique » ou « La crise climatique ‘existentiale’ s’estompe ». Sean Holman, professeur à l’Université de Victoria, souligne que cette couverture prive les lecteurs des informations nécessaires pour comprendre les impacts du changement climatique, alors que de nombreuses communautés canadiennes en subissent déjà les effets. Le groupe Postmedia ne couvre presque pas les crises environnementales, se limitant à des opinions climatosceptiques.
La couverture par Postmedia du conflit israélo-palestinien brouille souvent la frontière entre information et opinion. Par exemple, Bryan Passifiume, journaliste parlementaire au Toronto Sun, a écrit en janvier 2026 que des manifestants pro-palestiniens « méritaient quelques balles bien placées » après une opération des services d’immigration américains. Le National Post et d’autres titres du groupe reprennent régulièrement des accusations d’antisémitisme contre les militants pro-palestiniens, sans toujours vérifier les sources. En mars 2026, Passifiume a relayé des allégations selon lesquelles des activistes anti-israéliens ciblaient la communauté juive de Toronto, sans expliquer comment il établissait ce lien. Ces prises de position reflètent une ligne éditoriale alignée sur les positions pro-israéliennes, avec peu de place pour des perspectives critiques.
La gestion de Postmedia par Chatham Asset Management a entraîné une réduction drastique des ressources allouées au journalisme. Entre 2016 et 2020, 1 200 emplois ont été supprimés, et en 2023, 11 % des effectifs éditoriaux ont été licenciés. Les salaires et avantages sociaux ont été réduits, et les opérations éditoriales ont été centralisées, transformant certains titres locaux en copies quasi identiques du *National Post*. Cette stratégie a affaibli la capacité des journaux à produire du contenu local, remplaçant progressivement l’information régionale par des articles nationaux. En 2021, Postmedia a reçu 35 millions de dollars de subventions fédérales, ce qui a permis à l’entreprise de rester rentable, malgré des critiques passées contre les aides publiques. Les journalistes décrivent un environnement de travail marqué par l’autocensure et une pression pour respecter une ligne éditoriale conservatrice.

