L'eau serait apparue trois fois sur Mars : le rover Perseverance de la Nasa révèle l'histoire grâce à des roches martiennes anciennes
On imagine souvent le jeune Mars soit chaud et humide, soit gelé et sec, une fois pour toutes. Son histoire fut plus mouvementée.
Le rover Perseverance de la NASA, envoyé sur Mars en 2021, a découvert des roches anciennes qui révèlent que l’eau y est apparue à trois reprises au cours de l’histoire de la planète. Ces roches, analysées grâce aux instruments embarqués, contiennent des minéraux formés en présence d’eau liquide, comme des argiles ou des sels. Mars, aujourd’hui désertique et glacée, aurait donc connu des périodes humides bien plus tôt dans son existence. Ces découvertes s’appuient sur des données recueillies dans le cratère Jezero, un ancien lac asséché, où le rover explore depuis plus de deux ans. Les scientifiques estiment que ces trois phases d’eau liquide pourraient correspondre à des changements climatiques majeurs, liés à l’activité volcanique ou à des variations de l’orbite martienne.
Les analyses des roches martiennes suggèrent que l’eau est apparue sur Mars à trois moments distincts de son histoire géologique. La première phase remonte à il y a environ 4 milliards d’années, lorsque la planète était encore jeune et que son atmosphère était plus dense, permettant à l’eau de couler à sa surface. Une deuxième phase, plus récente, aurait eu lieu il y a environ 3,5 à 3 milliards d’années, avec des écoulements moins abondants mais persistants. Enfin, une troisième phase, plus courte et localisée, pourrait dater de moins d’un milliard d’années, marquée par des écoulements temporaires liés à des événements géologiques ponctuels. Ces périodes correspondent à des époques où Mars aurait pu abriter des conditions favorables à la vie microbienne.
Les minéraux détectés dans les roches martiennes, comme les argiles (phyllosilicates) ou les carbonates, sont des indicateurs fiables de la présence passée d’eau liquide. Les argiles se forment lorsque des roches volcaniques sont altérées par l’eau, tandis que les carbonates se créent lorsque le dioxyde de carbone (CO₂) de l’atmosphère réagit avec de l’eau. Leur présence dans le cratère Jezero confirme que de l’eau a coulé en surface pendant des millions d’années. Ces minéraux sont également importants pour comprendre si Mars a pu abriter des environnements habitables, car ils peuvent préserver des traces de vie passée sous forme de molécules organiques.
La découverte de ces trois phases d’eau liquide renforce l’hypothèse selon laquelle Mars aurait pu abriter des formes de vie microbienne dans un passé lointain. L’eau est en effet un ingrédient essentiel à la vie telle que nous la connaissons. Les scientifiques pensent que les périodes les plus propices à la vie pourraient correspondre aux deux premières phases, lorsque l’eau était abondante et stable. Cependant, aucune preuve directe de vie n’a encore été trouvée. Les roches analysées par Perseverance pourraient contenir des indices sous forme de molécules organiques ou de structures microbiennes fossilisées, mais leur étude nécessite des analyses plus poussées, voire le retour d’échantillons sur Terre dans les années à venir.
Le rover *Perseverance* continue d’explorer le cratère *Jezero* et de collecter des échantillons de roches, qui seront stockés dans des tubes scellés pour un futur retour sur Terre. Cette mission, prévue pour les années 2030, permettra aux scientifiques d’analyser ces échantillons avec des instruments plus puissants que ceux embarqués sur le rover. Parallèlement, les données recueillies par *Perseverance* aident à préparer les futures missions habitées vers Mars, en identifiant les ressources disponibles sur place, comme l’eau, qui pourrait être utilisée pour produire de l’oxygène ou du carburant. Ces découvertes pourraient également guider les recherches de vie extraterrestre dans d’autres régions de Mars ou sur d’autres planètes.

