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Le dernier mail de Doctolib cache un projet d’IA : voici comment s’y opposer

Numerama · mis à jour 8 juil.

Dans un mail envoyé le 8 juillet 2026, Doctolib présente son nouveau projet de recherche en santé. Mais derrière une formulation très institutionnelle, il est surtout question d’IA clinique et de données de santé potentiellement utilisées, sauf opposition des utilisateurs..

Un mail ambigu

Le 8 juillet 2026, la plateforme Doctolib a envoyé un mail à ses utilisateurs dont l'objet était « Doctolib s’engage dans la recherche pour améliorer la santé ». Le message, rédigé dans un style rassurant et institutionnel, évoque la création d’un « laboratoire de recherche en santé » en partenariat avec des institutions scientifiques comme l’Inria, l’Inserm et Université Paris Cité. Cependant, le vocabulaire utilisé dans le mail est volontairement flou : derrière cette formulation se cache en réalité un projet dédié à l’intelligence artificielle (IA) clinique, c’est-à-dire à l’utilisation de modèles d’IA pour améliorer les soins médicaux. L’objectif affiché est d’aider à repérer des risques de santé plus tôt, mieux coordonner les rendez-vous ou simplifier le suivi médical. Mais cette ambiguïté peut tromper les utilisateurs, car le projet repose en grande partie sur l’exploitation de leurs données de santé.

Un projet basé sur vos données

Le projet « Améliorer les parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle », lancé en août 2026 pour une durée de trois ans, repose sur l’utilisation de données de santé collectées par Doctolib. Ces données incluent non seulement les informations renseignées par les utilisateurs eux-mêmes, mais aussi celles fournies par leurs soignants via la plateforme. De plus, Doctolib précise que les données des proches rattachés au même compte (comme les membres d’une même famille) peuvent également être utilisées. L’entreprise assure que l’identité des personnes est protégée et que les données ne permettent pas de les identifier directement. Cependant, la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) rappelle que des données pseudonymisées (c’est-à-dire partiellement masquées mais toujours liées à une personne) restent des données personnelles au sens du RGPD (Règlement général sur la protection des données), et sont donc soumises à des règles strictes de protection.

Cadre juridique et opt-out

Doctolib s’appuie sur la méthodologie de référence MR-004 de la CNIL pour encadrer ce projet. Cette méthodologie concerne les recherches en santé qui n’impliquent pas directement les personnes, comme la réutilisation de données déjà collectées. Elle impose que la recherche présente un intérêt public et que seules les données strictement nécessaires soient utilisées. Contrairement à un système de consentement explicite, Doctolib applique ici un mécanisme d’opt-out : les utilisateurs sont informés par mail du projet, mais doivent cliquer pour s’y opposer s’ils ne souhaitent pas que leurs données soient utilisées. Pour ce faire, il faut se rendre sur le lien du mail, puis dans l’encadré « Vos données, votre décision », avant de sélectionner « M’opposer à l’utilisation de mes données ». Un formulaire dédié est ensuite accessible pour exercer ce droit. Doctolib précise que cette opposition n’aura aucune conséquence sur l’accès aux services ou au parcours de soins.

Ce que ça pourrait changer

En plus de l’opt-out, les utilisateurs peuvent exercer d’autres droits liés à leurs données personnelles, comme l’accès, la rectification, la limitation ou l’effacement. Pour cela, Doctolib propose d’envoyer un email à **contact.dataprivacy@doctolib.com**. Ces droits sont garantis par le RGPD, qui encadre l’utilisation des données personnelles dans l’Union européenne. L’entreprise insiste sur le fait que les données utilisées pour ce projet sont traitées dans un cadre scientifique et partenarial avec des institutions reconnues, comme l’Inria, l’Inserm et Université Paris Cité. Ces partenariats visent à développer des modèles d’IA clinique *« fiables et souverains »*, c’est-à-dire capables de fonctionner de manière autonome et sécurisée en Europe, sans dépendre de technologies étrangères.

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