Le succès littéraire de la rentrée a-t-il vraiment été écrit par une IA ? Le débat fait rage
De graves accusations entourent le roman phare de cette rentrée littéraire. Certains l’accusent d’avoir été écrit par une IA..
Un roman intitulé C’était ça ou mourir, écrit par Thélyson Orélien et publié aux éditions Grasset, est au cœur d’une polémique depuis le 21 septembre 2026. Un compte X nommé Balance ton Claude accuse l’auteur d’avoir utilisé une intelligence artificielle (IA) pour rédiger son livre, qui est un succès de la rentrée littéraire. Ce compte s’appuie sur un outil en ligne appelé Pangram, spécialisé dans la détection de textes générés par IA, pour affirmer que le roman est « presque intégralement rédigé par une IA ». Les captures d’écran partagées montrent un taux de détection de 100 % pour plusieurs passages du manuscrit. Le roman a déjà remporté le Prix Fnac et est pressenti pour plusieurs autres distinctions prestigieuses, comme les Prix Renaudot, Goncourt, Femina ou Médicis, ce qui ajoute à la controverse.
Pour étayer ses accusations, Balance ton Claude a soumis à Pangram quatre textes écrits par Thélyson Orélien en 2014, avant l’essor des outils d’IA générative. Les résultats affichaient un taux de détection de 0 %, suggérant que le logiciel ne commet pas de faux positifs sur des textes humains. Cependant, l’auteur et son éditeur, Grasset, rejettent catégoriquement ces allégations. Grasset qualifie les accusations de « rumeurs » et évoque des motivations possibles comme la concurrence ou des attaques racistes, Thélyson Orélien étant un auteur canadien d’origine haïtienne. Ce dernier a également réagi dans Libération, affirmant subir des attaques racistes et annonçant la constitution d’un dossier pour prouver son écriture manuelle.
L’outil Pangram est un logiciel en ligne conçu pour détecter les textes générés par IA ainsi que les plagiats. Selon ses résultats, C’était ça ou mourir serait écrit à 100 % par une IA, ce qui a alimenté la polémique. Cependant, certains experts et médias, comme l’AFP, soulignent que ces outils peuvent commettre des faux positifs, c’est-à-dire identifier à tort un texte humain comme généré par IA. L’AFP a testé le roman avec un autre détecteur, InVID-WeVerify (cocréé par ses soins), et les résultats penchaient plutôt vers une rédaction humaine. Malgré cela, les marges d’erreur des détecteurs restent un sujet de débat, car aucun outil n’est infaillible.
Cette affaire soulève des questions majeures pour le monde de l’édition et des prix littéraires. Si les accusations étaient fondées, cela remettrait en cause la crédibilité des lauréats et des maisons d’édition, alimentant la défiance des lecteurs et impactant commercialement l’industrie du livre. À l’inverse, si Thélyson Orélien prouve son écriture avec des brouillons ou des versions non finalisées, cela pourrait le placer dans une position inconfortable, car les auteurs ne sont généralement pas tenus de dévoiler leurs ébauches. Cette polémique illustre ainsi les tensions croissantes autour de l’usage de l’IA dans la création littéraire, un sujet qui risque de durablement transformer le marché du livre et la perception de la création artistique.
En plus des soupçons d’utilisation d’IA, d’autres utilisateurs de *X* accusent Thélyson Orélien de **plagiat**, affirmant qu’un de ses articles serait une traduction de mauvaise qualité d’un texte anglais. Ces accusations s’ajoutent à la polémique et montrent la virulence des débats en ligne. Grasset et l’auteur n’ont pas encore réagi publiquement à ces nouvelles allégations, mais la situation illustre la rapidité avec laquelle une polémique peut s’amplifier sur les réseaux sociaux, surtout lorsqu’elle touche un sujet aussi sensible que l’intégrité des œuvres littéraires et la légitimité des récompenses.

