Le climat et les humains : Climat, histoire d'un intérêt scientifique
Aux 17ᵉ et 18ᵉ siècles, des scientifiques européens commencent à étudier l’évolution du climat grâce aux registres météorologiques. En plein Petit Âge glaciaire, une réflexion sur le changement climatique prend forme.
Jusqu’au 17ᵉ siècle, les scientifiques européens s’appuient principalement sur les théories d’Aristote, philosophe grec de l’Antiquité, et son traité Météorologiques pour étudier l’atmosphère. Ce texte, composé de quatre livres, décrit les phénomènes météorologiques comme la pluie, le vent ou les tempêtes. À cette époque, les savants se concentrent surtout sur les événements exceptionnels, comme les sécheresses ou les grands froids, plutôt que sur une observation systématique. Ces théories dominent la science occidentale pendant des siècles, malgré leur manque de données précises ou de mesures régulières.
À partir du 17ᵉ siècle, une révolution scientifique transforme l’étude du climat. Des savants européens, comme ceux de Paris ou de Padoue, commencent à enregistrer quotidiennement l’état de l’atmosphère dans des cahiers. Cette pratique marque la naissance des registres météorologiques, qui permettent de suivre les variations du temps sur le long terme. Ces observations sont réalisées dans un contexte marqué par le Petit Âge glaciaire, une période de refroidissement climatique qui touche l’Europe entre le 14ᵉ et le 19ᵉ siècle. Ces données, bien que rudimentaires, posent les bases de la climatologie moderne.
À la fin du 18ᵉ siècle, une nouvelle discipline émerge : la climatologie historique. Des scientifiques européens analysent les registres d’observation passés pour étudier les évolutions du climat sur des siècles. Ils classifient et comparent ces données pour comprendre les phénomènes comme les sécheresses, les tempêtes ou les grands froids. Pour cela, ils utilisent des proxys climatiques, c’est-à-dire des preuves indirectes du changement climatique. Parmi ces proxys, on trouve la hauteur des fleuves, les transformations de la végétation ou le mouvement des glaciers. Ces travaux visent notamment à contredire la thèse de Buffon, naturaliste français, qui affirme qu’il existe un refroidissement inexorable de la Terre.
Le 19ᵉ siècle marque un tournant avec l’éruption du volcan Tambora en 1815, en Indonésie, qui perturbe le climat mondial pendant plusieurs années. En 1821, l’État français lance une grande enquête pour étudier les liens entre la déforestation et le changement climatique. Parallèlement, en Suisse, les travaux d’Ignace Venetz puis de Louis Agassiz aboutissent à la théorie des âges glaciaires. Cette théorie postule que le climat connaît des périodes de refroidissement global, durant lesquelles des calottes glaciaires s’étendent bien au-delà de leurs limites actuelles. Ces découvertes transforment profondément la compréhension des relations entre les humains et le climat.
Au 20ᵉ siècle, l’essor des mathématiques puis des ordinateurs révolutionne l’étude du climat. Ces outils permettent aux scientifiques de modéliser les phénomènes climatiques avec une précision inédite. Cette période marque le début d’une nouvelle ère pour la climatologie, où les données quantitatives et les simulations deviennent centrales. Les recherches s’orientent vers la compréhension des mécanismes du *dérèglement climatique*, un phénomène caractérisé par des perturbations majeures des conditions météorologiques habituelles, comme des canicules plus fréquentes ou des précipitations intenses.

