Immobilier : le recul des ventes résidentielles se poursuit
L'Association canadienne de l'immobilier revoit à la baisse ses prévisions de ventes résidentielles..
L’Association canadienne de l’immobilier (ACI), qui représente les professionnels du secteur au Canada, a revu à la baisse ses prévisions pour les ventes de logements en 2026. Elle estime désormais que 444 530 propriétés résidentielles seront vendues d’ici la fin de l’année, soit une diminution de 5,2 % par rapport à 2025. Cette révision marque le troisième ajustement consécutif des attentes de l’ACI. En juillet 2025, l’association prévoyait un recul bien moins marqué, de seulement 1,4 %. Cette baisse s’inscrit dans un contexte où le marché immobilier canadien montre des signes de ralentissement après une période de légère reprise. Les ventes résidentielles désignent ici le nombre de transactions réalisées pour des maisons, appartements ou autres types de logements.
Le prix moyen des propriétés résidentielles au Canada devrait atteindre 681 681 $ en 2026, selon les dernières prévisions de l’ACI. Cette estimation représente une hausse de seulement 0,2 % par rapport à 2025, soit une augmentation de 1 381 $ seulement. Ce chiffre est bien inférieur à la prévision précédente de l’été 2025, qui tablait sur un prix moyen de 686 681 $. En septembre 2025, le prix de vente moyen était de 666 538 $, en baisse de 1,6 % par rapport à septembre 2024. L’indice des prix des propriétés de l’ACI, qui mesure l’évolution des prix pour des logements types, a reculé de 0,4 % entre août et septembre 2025 et de 3,4 % sur un an. Ces données illustrent une tendance à la stagnation, voire à la légère baisse, des prix dans un marché où l’abordabilité reste un enjeu majeur.
En septembre 2025, les ventes de logements au Canada ont chuté de 2,3 % par rapport à août 2025 et de 7,7 % comparé à septembre 2024. Cette baisse intervient après quatre mois de légère amélioration des indicateurs comme la demande, l’offre et les prix. Shaun Cathcart, économiste principal à l’ACI, a expliqué ce recul par plusieurs facteurs, dont le récent bond des taux hypothécaires fixes. Ces taux, qui déterminent le coût des emprunts pour acheter un logement, ont augmenté, rendant les prêts immobiliers plus chers. La Banque du Canada, qui fixe les taux directeurs influençant les taux hypothécaires, pourrait annoncer une nouvelle hausse avant la fin de l’année pour lutter contre l’inflation. Cette incertitude pousse de nombreux acheteurs potentiels à reporter leur projet d’achat.
Shaun Cathcart souligne que l’abordabilité des logements est déjà un défi majeur au Canada, et que la situation pourrait encore se dégrader si la Banque du Canada relève ses taux. L’inflation, qui mesure la hausse générale des prix, reste une préoccupation pour les autorités monétaires. La question centrale est de savoir jusqu’où la Banque devra aller pour la maîtriser, ce qui ajoute une couche d’incertitude pour les futurs acheteurs. Cathcart estime que cette ambiguïté incite de nombreux ménages à adopter une attitude attentiste, préférant attendre des jours meilleurs plutôt que de s’engager dans un achat dans un contexte économique flou. Cette prudence aggrave le ralentissement du marché immobilier.

