La “ruée vers l’Afrique” des géants de la tech
Google, Microsoft, Meta ou encore le chinois Huawei. Ces géants rivalisent d’investissements sur le continent africain, avec des avancées certaines pour connecter le continent, détaille le quotidien britannique “The Times”.
Les géants de la technologie, souvent appelés Big Tech ou GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft), investissent désormais massivement en Afrique, un continent qu’ils avaient jusqu’ici relativement négligé. Google, par exemple, a annoncé en juillet 2023 avoir atteint son objectif d’investir 1 milliard de dollars (environ 871 millions d’euros) sur le continent africain en cinq ans. Ces investissements prennent plusieurs formes, comme le déploiement de câbles sous-marins pour améliorer la connectivité internet. Google a ainsi posé un câble reliant l’Afrique de l’Ouest au Portugal et en installe un autre pour connecter l’Afrique à l’Australie via l’Inde. Ces infrastructures permettent d’accélérer l’accès à internet, un enjeu majeur pour le développement économique et social du continent.
Les entreprises de la Big Tech ne se contentent pas d’investir dans les infrastructures. Elles implantent également des centres de recherche et de développement en Afrique, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA). Google possède déjà des centres de recherche sur l’IA à Nairobi, la capitale du Kenya, et à Accra, la capitale du Ghana. Ces centres visent à adapter les technologies aux besoins locaux et à former des talents africains. Par exemple, Google propose des formations certifiantes, comme celle en logistique, qui ont permis à des milliers de personnes de trouver un emploi, selon Alex Okosi, directeur général de Google pour l’Afrique. Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large de développement des compétences et de création d’emplois sur le continent.
Un exemple marquant de l’impact de ces investissements est illustré par une anecdote rapportée par Alex Okosi lors d’une visite à Nairobi. Une femme a témoigné avoir rencontré des difficultés à trouver un emploi pendant la pandémie de Covid-19. En suivant une formation certifiante en logistique proposée par Google, elle a pu se former et décrocher un poste dans une multinationale. Ce récit montre comment les initiatives des géants de la tech, comme les formations en ligne, peuvent directement améliorer la situation économique de certains Africains. Ces programmes visent à réduire le chômage et à renforcer l’employabilité, notamment chez les jeunes, en leur offrant des compétences adaptées aux besoins du marché du travail moderne.
Les investissements des géants de la tech en Afrique ne sont pas toujours solitaires. Par exemple, Meta (anciennement Facebook) collabore avec des fournisseurs d’accès internet comme Orange et Vodafone pour étendre la couverture internet sur le continent. Ces partenariats permettent de mutualiser les ressources et d’accélérer le déploiement des infrastructures nécessaires. Huawei et Microsoft sont également mentionnés dans l’article comme acteurs majeurs dans ce mouvement. Ces entreprises investissent dans des domaines variés, allant des centres de données (data centers) aux télécommunications, en passant par des projets spécifiques comme l’intelligence artificielle ou les formations numériques. Leur présence reflète une volonté de s’implanter durablement en Afrique.
Les investissements des géants de la tech en Afrique s’inscrivent dans une logique à la fois économique et sociale. Sur le plan économique, ces entreprises cherchent à conquérir de nouveaux marchés, alors que la population africaine, jeune et en croissance, représente un potentiel immense pour les services numériques. Sur le plan social, elles visent à combler le retard technologique du continent en améliorant l’accès à internet, en formant les populations locales et en soutenant l’entrepreneuriat. Cependant, ces initiatives soulèvent aussi des questions sur la dépendance technologique et la souveraineté numérique des pays africains. L’objectif affiché est de contribuer au développement du continent, mais les modalités et les retombées réelles de ces investissements restent à évaluer sur le long terme.

