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Géopolitique

En se tournant vers l’Asie, la Russie doit tenter d’éviter toute dépendance économique

Courrier International · mis à jour il y a 3 h

Visée par des sanctions occidentales, la Russie a été contrainte de trouver d’autres marchés et s’est rapprochée des pays asiatiques depuis l’invasion de l’Ukraine, en 2022. Mais le poids pris par ces partenaires, en particulier la Chine, rend Moscou vulnérable, prévient “Kommersant”, l’un des principaux quotidiens du pays..

Pivot asiatique de la Russie

Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie a été frappée par des sanctions économiques imposées par les pays occidentaux. Pour contourner ces restrictions et maintenir son activité économique, Moscou a opéré un pivot vers l’Est, c’est-à-dire un rééquilibrage de ses échanges commerciaux en direction des pays asiatiques. Cette stratégie vise à remplacer les marchés européens et américains, devenus inaccessibles ou très réduits. Le terme pivot désigne ici un changement stratégique majeur dans la politique commerciale d’un pays. L’objectif est de réduire la dépendance de la Russie envers l’Occident, mais cette réorientation comporte des risques, notamment celui de tomber dans une nouvelle forme de dépendance envers ses partenaires asiatiques.

Principaux partenaires asiatiques

Parmi les pays asiatiques, la Chine reste le partenaire commercial le plus important pour la Russie. En 2025, les échanges entre les deux pays ont atteint 228 milliards de dollars (soit 197 milliards d’euros). L’Inde occupe la deuxième place avec un volume d’échanges bilatéraux de 68,7 milliards de dollars (59 milliards d’euros) pour la période 2024-2025, soit près de cinq fois plus qu’avant 2022. Enfin, les échanges avec les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean) ont atteint un record de 23 milliards de dollars en 2024. L’Asean est une organisation régionale regroupant dix pays d’Asie du Sud-Est, créée pour favoriser la coopération économique et politique entre ses membres.

Risque de dépendance accrue

Selon l’analyste sinologue Anastasia Vlassova, travaillant pour la banque Ingosstrakh Investments Management Company, cette réorientation commerciale vers l’Asie présente un risque majeur : la Russie pourrait devenir trop dépendante de ses nouveaux partenaires, en particulier de la Chine. Le quotidien russe Kommersant, l’un des plus influents du pays, souligne que cette dépendance expose Moscou à des pressions économiques ou politiques de la part de Pékin. Par exemple, si la Chine décidait de réduire ses importations de gaz ou de pétrole russes, l’économie russe en subirait un choc important. La Russie cherche donc à diversifier ses partenariats en Asie pour éviter de se retrouver dans une situation de vulnérabilité similaire à celle qu’elle connaissait avec l’Occident avant 2022.

Ce que ça pourrait changer

Le quotidien *Kommersant* est un titre de référence en Russie, spécialisé dans l’actualité économique. Fondé en 1990, il est aujourd’hui détenu par l’oligarque Alicher Ousmanov, lui-même sous sanctions occidentales depuis 2022. L’article souligne que la Russie, en se tournant vers l’Asie, tente de contourner l’isolement imposé par les sanctions, mais cette stratégie s’accompagne de défis. Par exemple, les infrastructures logistiques pour exporter vers l’Asie sont moins développées que celles vers l’Europe, et les coûts de transport peuvent être plus élevés. De plus, les pays asiatiques, bien que moins hostiles que l’Occident, ne sont pas toujours des partenaires fiables à long terme, car leurs propres intérêts économiques ou géopolitiques peuvent évoluer.

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