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Géopolitique

Les Chroniques de Youssef Hindi #86 – Le Maroc face au piège israélien

Égalité & Réconciliation · mis à jour 24 sept.

Normalisation des relations diplomatiques avec l'État d'Israël : qu'est allé faire le Maroc dans cette galère ? Au sommaire : 00:00 – Le sujet du jour 01:30 – Sortie de mon nouveau livre 02:53 – Présentation du sommaire 03:55 – Les faits 05:42 – L'origine des accords Maroc-USA-Israël 06:10 – Les objectifs du Maroc 06:42 – Israël : l'intermédiaire qui tire des bénéfices sans prendre de risque 07:22 – Le réseaux israélien proche de Trump 08:40 – Les gains obtenus par le Maroc 09:42 – Les gains obtenus - Septembre / Géopolitique , Histoire , <a href="

Contexte géopolitique

L’article analyse la position du Maroc face à la normalisation de ses relations avec Israël, un processus souvent désigné par le terme accords d’Abraham (2020). Ces accords, signés sous l’égide des États-Unis, ont établi des relations diplomatiques entre plusieurs pays arabes et Israël, dont le Maroc en décembre 2020. Ce rapprochement s’inscrit dans un contexte de tensions régionales persistantes, notamment avec l’Iran et ses alliés, ainsi que dans une dynamique de rééquilibrage des alliances au Moyen-Orient. Le Maroc, qui entretient depuis 1988 des relations secrètes avec Israël, a officialisé cette normalisation en échange d’une reconnaissance américaine de sa souveraineté sur le Sahara occidental, un territoire disputé depuis des décennies. Cette reconnaissance, annoncée en décembre 2020, a été saluée par le Maroc mais critiquée par d’autres pays africains et arabes.

Enjeux économiques

La normalisation des relations avec Israël ouvre des opportunités économiques pour le Maroc, notamment dans les secteurs de la technologie, de l’agriculture et des énergies renouvelables. Israël, reconnu pour son expertise dans ces domaines, pourrait investir massivement au Maroc, comme le suggère un accord signé en novembre 2021 prévoyant des investissements israéliens de 500 millions de dollars sur cinq ans. Ces partenariats pourraient stimuler la croissance marocaine, qui affiche un taux de chômage de 12,5 % en 2022 et une croissance du PIB de 3,1 % la même année. Cependant, cette ouverture économique s’accompagne de risques, notamment une dépendance accrue vis-à-vis d’Israël, perçue par certains comme une forme de piège géopolitique. Les critiques soulignent que ces accords pourraient marginaliser d’autres partenaires traditionnels du Maroc, comme l’Europe ou les pays africains.

Risques diplomatiques

Le Maroc fait face à des critiques internes et externes concernant sa normalisation avec Israël. Sur le plan interne, une partie de la population et des partis politiques, comme le Parti de la justice et du développement (PJD), s’opposent à cette alliance, la jugeant incompatible avec la cause palestinienne. Sur le plan externe, des pays comme l’Algérie ou l’Iran dénoncent cette normalisation, la considérant comme une trahison de la cause arabe. En 2022, l’Algérie a rappelé son ambassadeur au Maroc en signe de protestation, illustrant les tensions régionales exacerbées par cette décision. Par ailleurs, le Maroc doit gérer les réactions des pays africains, certains estimant que la reconnaissance américaine du Sahara occidental est une manœuvre pour isoler le Maroc diplomatiquement.

Stratégie marocaine

Face à ces défis, le Maroc adopte une stratégie à double vitesse. D’une part, il renforce ses alliances avec les États-Unis, son principal soutien dans le dossier du Sahara occidental, en misant sur des partenariats économiques et militaires. En 2023, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint 4,5 milliards de dollars, avec un volume d’exportations marocaines vers les États-Unis en hausse de 15 % par rapport à 2022. D’autre part, le Maroc tente de diversifier ses partenariats, notamment en Afrique subsaharienne, où il cherche à consolider son influence. Cette approche vise à limiter les risques liés à une dépendance excessive envers Israël ou les États-Unis, tout en maintenant une position équilibrée dans les conflits régionaux.

Conséquences régionales

La normalisation marocaine avec Israël a des répercussions sur l’équilibre géopolitique du Maghreb et du Moyen-Orient. Elle a notamment affaibli le front arabe unifié contre Israël, traditionnellement porté par des pays comme l’Algérie ou la Tunisie. En 2023, le Maroc a été exclu des sommets de la Ligue arabe, une décision symbolique reflétant son isolement relatif au sein du monde arabe. Par ailleurs, cette normalisation a exacerbé les tensions avec l’Iran, qui soutient des groupes armés comme le Hezbollah et le Hamas, et qui considère le Maroc comme un allié d’Israël. Ces dynamiques pourraient aggraver les conflits régionaux, notamment en Libye ou au Sahel, où les influences étrangères se superposent.

Ce que ça pourrait changer

Au Maroc, la question de la normalisation avec Israël divise l’opinion publique et les élites politiques. Les partisans de cette alliance, souvent proches du palais royal, mettent en avant les bénéfices économiques et sécuritaires, comme la lutte contre le terrorisme ou l’accès à des technologies avancées. En revanche, les opposants, incluant des intellectuels, des militants et des partis politiques, dénoncent une trahison des valeurs arabes et islamiques. En 2022, des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes marocaines, notamment à Casablanca et Rabat, pour protester contre cette normalisation. Ces tensions internes pourraient affaiblir la stabilité politique du pays, déjà fragilisée par des inégalités sociales et une jeunesse en quête de perspectives.

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