Andy Burnham sera-t-il le dernier Premier ministre du Royaume-Uni ?
Les dirigeants d’Irlande du Nord, d’Écosse et du pays de Galles accélèrent pour sortir du Royaume-Uni. L’article Andy Burnham sera-t-il le dernier Premier ministre du Royaume-Uni ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Le 14 septembre 2026, les dirigeants de l’Irlande du Nord, de l’Écosse et du pays de Galles se sont réunis pour un sommet sans précédent, en excluant l’Angleterre. Ces trois nations, appelées nations constitutives du Royaume-Uni, sont représentées par Michelle O’Neill (Irlande du Nord), John Swinney (Écosse) et Rhun ap Iorwerth (pays de Galles). Ensemble, ils ont signé une déclaration commune exigeant du gouvernement britannique, dirigé par Andy Burnham, qu’il prépare un changement constitutionnel majeur : la sécession (sortie) du Royaume-Uni. Cette initiative vise à permettre à ces trois nations de quitter le Royaume-Uni pour rejoindre l’Union européenne. La déclaration souligne les « dégâts » économiques causés par le Brexit (sortie du Royaume-Uni de l’UE en 2020) sur leurs économies locales.
La déclaration signée par les trois dirigeants n’a pas de valeur juridique contraignante, car seul le Parlement britannique (Westminster), situé à Londres, a le pouvoir d’organiser un référendum d’indépendance ou de réunification. En Écosse, le dernier référendum en date remonte à 2014, où 55,3 % des Écossais avaient voté pour rester dans le Royaume-Uni. Le gouvernement écossais, dirigé par le SNP (Scottish National Party, parti indépendantiste), avait demandé un nouveau référendum après sa victoire aux élections de 2021, mais Westminster avait refusé. En Irlande du Nord, l’accord du Vendredi saint de 1998 prévoit la possibilité d’un référendum sur la réunification avec l’Irlande, si une majorité de la population y est favorable. La décision revient au secrétaire d’État britannique pour l’Irlande du Nord.
Une sécession de l’Irlande du Nord, de l’Écosse et du pays de Galles aurait un impact économique et démographique significatif pour le Royaume-Uni. Ces trois nations représentent 15,4 % de la population totale (10,7 millions d’habitants sur 69,3 millions) et 13,2 % du PIB britannique. Leur superficie couvre 46,4 % du territoire (environ 113 000 km²). Si elles quittaient le Royaume-Uni, ce dernier passerait du 5e au 6e rang mondial en termes de PIB, derrière l’Inde. Cependant, son PIB resterait légèrement supérieur à celui de la France (3 005 milliards d’euros contre 2 913 milliards), avec un écart inférieur à 100 milliards d’euros. Le Royaume-Uni perdrait aussi des atouts stratégiques, comme la base navale de Clyde en Écosse, qui abrite tous les sous-marins nucléaires britanniques.
La perte de l’Écosse, du pays de Galles et de l’Irlande du Nord affaiblirait la position stratégique du Royaume-Uni. L’Écosse joue un rôle clé dans le GIUK (Groenland, Islande, Royaume-Uni), une zone de surveillance stratégique de l’Atlantique Nord, essentielle pour contrôler l’accès aux réserves pétrolières de la mer du Nord. De plus, si l’Écosse, le pays de Galles et une Irlande du Nord réunifiée avec l’Irlande rejoignaient l’UE, l’Angleterre se retrouverait entourée d’États membres, à l’image de la Suisse. Cette situation pourrait modifier les équilibres politiques et économiques en Europe, notamment en matière de commerce et de sécurité.
Andy Burnham, Premier ministre britannique, a indiqué la semaine précédant le sommet qu’un nouveau référendum pourrait être organisé en Écosse si l’opinion publique y était favorable. Cette position marque un changement par rapport aux gouvernements précédents, qui avaient systématiquement rejeté les demandes de référendum. En Irlande du Nord, la tenue d’un référendum dépend de l’appréciation du secrétaire d’État britannique, qui doit estimer si une majorité de la population est susceptible de voter pour la réunification avec l’Irlande. Ces déclarations laissent entrevoir une possible évolution constitutionnelle, mais Westminster conserve le dernier mot sur la tenue de ces scrutins.

