À Milan aussi, les manifestations dégénèrent en violences et en pillages
Alors que des rassemblements avaient lieu un peu partout en Italie pour dénoncer la vie chère, plusieurs villes ont connu des violences et des pillages. Mais c’est à Milan que la situation a été la plus critique avec des actions menées par des jeunes, souvent mineurs, relevant de la “guérilla urbaine”, selon la presse italienne..
Le 18 octobre 2026, des milliers de personnes se sont rassemblées à Milan, en Italie, dans le cadre d’une mobilisation nationale appelée "Italia in piazza". Cette manifestation, organisée pour dénoncer la hausse du coût de la vie, s’est tenue pacifiquement dans un premier temps sur la piazza del Duomo, un lieu emblématique de la ville. L’objectif était de protester contre l’inflation et la précarité économique qui touchent particulièrement les jeunes et les classes populaires en Italie. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte plus large de contestation sociale en Europe, où plusieurs pays, dont la France, connaissent des tensions similaires liées au pouvoir d’achat.
Alors que le cortège manifestait pacifiquement, des groupes de personnes cagoulées ont commencé à commettre des actes de vandalisme et de pillage dans le centre-ville de Milan. Ces individus, souvent des jeunes et parfois des mineurs, ont adopté des tactiques de "guérilla urbaine", c’est-à-dire des stratégies de combat de rue rapides et dispersées pour échapper aux forces de l’ordre. Les dégâts ont été considérables : des magasins ont été saccagés, des rues détruites, et les dégâts matériels sont estimés par les associations d’entreprises à un demi-milliard d’euros. Les forces de police, débordées, ont peiné à rétablir l’ordre, ce qui a conduit à des affrontements violents.
Le maire de Milan, Beppe Sala, a critiqué l’inaction du gouvernement italien face à ces violences. Selon lui, les moyens nécessaires pour prévenir ces dégradations n’ont pas été déployés, ce qui a aggravé la situation. Les associations d’entreprises locales ont également dénoncé l’absence de protection suffisante pour les commerces, soulignant que les dégâts économiques sont immenses. Cette crise a révélé des failles dans la gestion des mouvements sociaux par les autorités, alors que des scènes similaires se produisaient ailleurs en Italie et en France. Le gouvernement est désormais sous pression pour renforcer les dispositifs de sécurité lors des manifestations.
Les médias italiens, comme le Corriere della Sera, soulignent que les violences observées à Milan ne semblent pas liées à une idéologie politique claire. Contrairement à d’autres mouvements sociaux où des revendications précises guident les actions, cette fois-ci, la "rage indistincte" et la "soif de destruction" semblent motiver les actes de vandalisme. Certains journaux, comme Il Tempo, évoquent même l’hypothèse d’un "plan pour mettre l’Italie à feu et à sang", suggérant une possible organisation extérieure ou une stratégie visant à déstabiliser le pays. Cependant, cette thèse reste à confirmer, car les motivations exactes des émeutiers restent floues.
La situation à Milan a suscité de vives réactions dans la classe politique italienne. Le maire Beppe Sala a pointé du doigt le gouvernement pour son manque de réactivité, tandis que des médias comme *Il Post* ont décrit des scènes de *"guérilla urbaine"* difficiles à contrôler. Certains titres de presse, comme *Il Tempo*, ont adopté un ton alarmiste, évoquant une possible stratégie de déstabilisation. En revanche, d’autres, comme le *Corriere della Sera*, ont nuancé en soulignant que les violences pourraient être davantage le fruit d’une frustration sociale que d’une idéologie organisée. Cette divergence de points de vue reflète les débats en cours sur la gestion des crises sociales en Italie.

