À 10 milliards de km du Soleil, cette sonde aux portes de l’espace interstellaire est menacée au pire moment
La Nasa prévoit d'éteindre deux instruments de la sonde New Horizons pour des raisons budgétaires. Pourtant, cela arrive au pire moment pour le vaisseau lancé il y a désormais 20 ans et qui atteint aujourd'hui les limites de notre Système solaire..
La sonde spatiale Voyager 2, lancée en 1977 par la NASA, se trouve actuellement à environ 10 milliards de kilomètres du Soleil, soit près de 150 fois la distance entre la Terre et notre étoile. Cette distance la place aux portes de l’espace interstellaire, une région située au-delà de l’influence directe du Soleil. Voyager 2 est l’un des rares objets fabriqués par l’homme à avoir quitté l’héliosphère, une bulle protectrice créée par le vent solaire qui enveloppe notre système planétaire. Cette sonde a déjà traversé l’héliopause, la frontière entre l’héliosphère et l’espace interstellaire, en novembre 2018, devenant ainsi le deuxième objet humain à atteindre cette zone après Voyager 1.
Depuis son entrée dans l’espace interstellaire, Voyager 2 rencontre des difficultés techniques croissantes. En 2026, ses systèmes de communication et d’alimentation montrent des signes d’usure, notamment une baisse progressive de la puissance disponible grâce à ses générateurs thermoélectriques à radioisotopes (RTG). Ces générateurs, qui transforment la chaleur issue de la désintégration radioactive du plutonium en électricité, perdent environ 4 watts par an. La NASA a dû éteindre certains instruments scientifiques pour économiser l’énergie, réduisant ainsi ses capacités d’observation. En septembre 2026, l’agence spatiale américaine a signalé une panne partielle du système de contrôle d’attitude, essentiel pour orienter l’antenne de la sonde vers la Terre et maintenir le contact.
La distance extrême de Voyager 2 pose un défi majeur pour les communications. Les signaux radio mettent environ 18 heures à parcourir la distance séparant la sonde de la Terre, à la vitesse de la lumière. Cette latence rend toute intervention en temps réel impossible. En septembre 2026, les ingénieurs de la NASA ont tenté de corriger la panne d’orientation, mais la lenteur des échanges a compliqué les opérations. De plus, l’affaiblissement du signal, dû à la distance et à la dégradation des équipements, risque de rendre les communications de plus en plus difficiles, voire impossibles, dans les années à venir.
Malgré ces difficultés, Voyager 2 continue de fournir des données scientifiques précieuses sur l’espace interstellaire. Ses instruments mesurent les particules cosmiques, les champs magnétiques et les ondes de plasma, offrant des informations inédites sur la frontière entre notre système solaire et le milieu interstellaire. Ces données aident les scientifiques à mieux comprendre la structure de l’héliosphère et les interactions entre le vent solaire et le milieu interstellaire. La perte de la sonde signifierait la fin de cette mission historique, qui a déjà permis des découvertes majeures, comme la confirmation de l’existence de l’héliopause.
L’avenir de *Voyager 2* est désormais incertain. La NASA estime que la sonde pourrait cesser toute communication d’ici 2030, voire plus tôt si une panne majeure survient. Même après la perte de contact, la sonde continuera sa trajectoire à travers la Voie lactée, transportant un disque d’or contenant des sons et des images de la Terre, destiné à d’éventuels extraterrestres. Cette mission, initialement prévue pour durer 5 ans, s’étend depuis près de 50 ans, devenant l’une des aventures spatiales les plus longues et les plus fructueuses de l’histoire. Son héritage scientifique et culturel reste inestimable.

