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Généraliste

La facture d’électricité pourrait s’alourdir pour les centres de données

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 27 j

La demande en électricité de ces centres devrait plus que doubler entre 2024 et 2030, selon des consultants..

Demande énergétique des centres de données

Entre 2024 et 2030, la consommation d'électricité des centres de données en Amérique du Nord devrait augmenter de 133 %, selon une analyse menée par le cabinet Dunsky pour Hydro-Québec. Cette croissance s'explique principalement par l'expansion rapide de l'intelligence artificielle (IA), qui nécessite des infrastructures de calcul très énergivores. Par exemple, les centres dédiés à l'entraînement des modèles d'IA peuvent varier de 20 mégawatts (MW) à plusieurs milliers de MW. Cette hausse dépasse largement celle observée au cours des deux dernières décennies. Hydro-Québec et Dunsky soulignent que cette tendance est mondiale et que les centres de données représentent une part croissante de la demande énergétique totale. Les projections indiquent que la consommation des centres de données au Québec pourrait passer de 190 MW à leur pic actuel à 1 000 MW d'ici 2035.

Proposition tarifaire d'Hydro-Québec

Hydro-Québec propose de doubler les tarifs appliqués aux centres de données, passant de 6,82 cents à 13 cents par kilowattheure (kWh). Cette hausse vise à refléter le coût réel de production de l'électricité, estimé à environ 12 cents par kWh. L'objectif est d'éviter que les autres consommateurs, notamment résidentiels, ne subventionnent indirectement ces grands consommateurs d'énergie. Hydro-Québec justifie cette mesure par la nécessité de couvrir ses coûts et d'encourager une utilisation plus équitable des ressources. Cependant, même avec cette augmentation, l'électricité au Québec resterait moins chère pour les centres de données que dans d'autres régions comme l'Ontario, le Nouveau-Brunswick ou certaines parties des États-Unis. Les nouveaux tarifs s'appliqueraient également au minage et à l'échange de cryptomonnaies, avec un coût moyen de 19,5 cents par kWh.

Contexte réglementaire et enjeux

La Régie de l'énergie du Québec examine actuellement la proposition d'Hydro-Québec. Cette hausse tarifaire s'inscrit dans un débat plus large sur l'impact des centres de données sur les coûts énergétiques, les ressources locales et l'environnement. Plusieurs juridictions nord-américaines ont déjà mis en place des tarifs spécifiques pour les centres de données afin de limiter leur impact sur les autres consommateurs. Alexis Renaud-Bezot, analyste chez Dunsky, a souligné que ces tarifs visent à éviter une pression excessive sur les réseaux électriques et les finances publiques. La Coalition des centres de données a critiqué cette proposition, arguant qu'Hydro-Québec détient un monopole et qu'il n'existe pas d'alternative pour les centres de données au Québec. Les audiences publiques se poursuivent, avec des représentants de Google et des groupes environnementaux attendus en décembre 2026.

Ce que ça pourrait changer

Les avocats représentant l'industrie des centres de données ont questionné la pertinence des comparaisons internationales réalisées par Dunsky, soulignant que Hydro-Québec est le seul fournisseur d'électricité au Québec. Marie-Pierre Boudreau, de la Coalition des centres de données, a rappelé qu'il n'y a pas de choix possible pour les centres de données en matière de fournisseur. Malgré cela, peu de résistance populaire a été observée jusqu'à présent au Québec, mais les préoccupations environnementales et économiques pourraient croître. Les groupes environnementaux devraient présenter leurs arguments lors des prochaines audiences. Hydro-Québec insiste sur la nécessité de cette hausse pour équilibrer les coûts et éviter que les consommateurs résidentiels ne paient la différence.

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