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Environnement

Stéphane François, politiste : «Le Rassemblement national n’a toujours pas de réel volet écologiste dans son programme»

Vert.eco · mis à jour il y a 3 j

Dimanche dernier, Marine Le Pen a lancé sa campagne présidentielle à Hénin-Beaumont et a déjà promis plusieurs mesures anti-écologiques. Bien loin des préoccupations climatiques exprimées par les cadres du RN pendant les canicules de l’été.

Campagne anti-écologique du RN

Lors de son discours de rentrée politique le 14 septembre 2026 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national (RN) à l'élection présidentielle de 2027, a critiqué deux mesures environnementales majeures. Elle a qualifié de «norme idéologique» l'objectif de Zéro artificialisation nette (ZAN), qui vise à limiter la bétonisation des sols pour préserver les terres agricoles et naturelles. Elle a également proposé de supprimer l'obligation du diagnostic de performance énergétique (DPE) des logements, le transformant en un simple «élément indicatif». Actuellement, le DPE permet d'interdire la location des «passoires thermiques» (logements très énergivores) en France. Ces propositions s'inscrivent dans une logique de rejet des politiques environnementales perçues comme contraignantes par le RN.

Évolution récente du RN

En juin-juillet 2026, pendant les canicules exceptionnelles en France (été le plus chaud jamais enregistré), des cadres du RN avaient temporairement adopté un discours plus favorable à l'écologie. Ils avaient critiqué le gouvernement pour ne pas avoir suffisamment écouté les alertes du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), un organisme scientifique international. Cette volte-face s'expliquait par l'impact concret du réchauffement climatique sur l'électorat du RN, notamment dans les Hauts-de-France où les inondations, les mouvements de sols argileux et les sécheresses ont touché les habitants et les agriculteurs. Cependant, cette prise de conscience semble limitée à la communication politique, sans traduction concrète dans le programme du parti.

Absence de programme écologique

Selon Stéphane François, politiste spécialiste de l'extrême droite et auteur du livre Les Vert-bruns. L'écologie de l'extrême droite française (2022), le RN n'a toujours pas de volet écologiste réel dans son programme pour 2027. Lors de la campagne présidentielle de 2022, la brochure écologie de Marine Le Pen ne contenait qu'un «vague environnementalisme», centré sur la défense des paysages (notamment contre les éoliennes) et un protectionnisme national (fermeture des frontières agricoles et industrielles). Le RN rejette l'idée d'une écologie globale et propose des mesures comme le localisme, mais interprété comme un repli identitaire et non comme une approche écologique durable. Stéphane François souligne que ces propositions relèvent davantage du nationalisme que d'une véritable politique environnementale.

Plan climat du RN critiqué

En 2026, deux députés RN, Jean-Philippe Tanguy et Thomas Ménagé, ont présenté un «plan clim» du RN doté d'un budget de 40 milliards d'euros. Ce plan propose des mesures comme l'installation de climatiseurs pour faire face aux canicules, mais il est jugé insuffisant par les experts. Stéphane François explique que ces solutions s'attaquent aux symptômes du réchauffement climatique (inconfort thermique) sans traiter ses causes profondes (émissions de gaz à effet de serre, transition énergétique). Pour le politiste, ce plan illustre une approche démagogique : le RN répond à une crise globale par des mesures locales et symboliques, sans proposer de transformation structurelle de l'économie ou de la société.

Anti-écologie persistante

Stéphane François affirme que l'anti-écologie reste un pilier du RN, malgré les apparences. Le parti continue de critiquer les militants et partis écologistes, les présentant comme des «casse-pieds» qui empêcheraient les Français de vivre selon leurs traditions (chasse, pêche, corrida). Dans les communes dirigées par le RN après les élections municipales de 2026, des mesures concrètes illustrent cette hostilité : arrêt de la végétalisation des écoles, abandon des jardins coopératifs bio pour les cantines scolaires, ou suppression des fermes municipales bio. Ces actions montrent que le RN privilégie une vision traditionaliste et identitaire de l'environnement, plutôt qu'une écologie scientifique ou sociale.

Ce que ça pourrait changer

Les études montrent que l'électorat du RN est principalement motivé par des thèmes identitaires (immigration, sécurité) et moins par des préoccupations écologiques. Cependant, les événements climatiques récents (canicules, inondations) pourraient influencer une partie de cet électorat, notamment dans les régions touchées comme les Hauts-de-France. Malgré cela, le discours xénophobe et nationaliste du RN reste dominant. Stéphane François note que le parti n'a jamais eu de programme écologique fort, car cela n'était pas porteur auprès de son électorat traditionnel. Aujourd'hui, le RN mise sur la défense des *«modes de vie traditionnels»* (chasse, pêche, agriculture intensive) plutôt que sur une transition écologique, ce qui limite son attractivité auprès des citoyens sensibles à l'environnement.

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