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En Belgique, 4 jeunes sur 10 pensent encore que les cabines UV sont sûres alors qu'elles provoquent 143 mélanomes par an dans le pays

Science & Vie · mis à jour il y a 24 j

Bronzer en cabine passe encore pour un geste anodin, presque plus doux qu'une longue journée de plein soleil. Pourtant, ce hâle si convoité ne trahit qu'une chose, des cellules de peau qui encaissent les rayons.

Mythe des cabines UV

Une enquête récente en Belgique révèle que 4 jeunes sur 10 (soit 40 %) estiment encore que les cabines à ultraviolets (UV) artificiels sont une alternative sûre au soleil naturel. Pourtant, ces appareils émettent des rayons UV-A et UV-B, similaires à ceux du soleil, mais avec une intensité souvent plus élevée et moins bien régulée. Les cabines UV sont des dispositifs conçus pour bronzer la peau en exposant le corps à des doses contrôlées de rayonnements ultraviolets. Elles sont utilisées dans des salons de bronzage ou à domicile. Cependant, contrairement à une idée reçue, ces appareils ne sont pas moins dangereux que le soleil, bien au contraire. Leur utilisation expose à des risques accrus de cancers de la peau, notamment le mélanome, un cancer agressif et potentiellement mortel.

Risques avérés

En Belgique, les cabines UV seraient responsables de 143 cas de mélanome par an, un cancer de la peau particulièrement redoutable. Le mélanome est une tumeur maligne qui se développe à partir des mélanocytes, les cellules productrices de mélanine, le pigment responsable du bronzage. Ce type de cancer peut se propager rapidement à d'autres organes et est souvent lié à une exposition excessive aux UV, qu'ils soient naturels ou artificiels. Les études scientifiques ont clairement établi un lien entre l'utilisation des cabines UV et l'augmentation du risque de développer un mélanome, surtout si l'exposition commence avant l'âge de 30 ans. Les cabines UV accélèrent également le vieillissement cutané et favorisent l'apparition d'autres cancers de la peau, comme les carcinomes.

Dangers méconnus

Malgré les avertissements répétés des autorités sanitaires, une partie importante de la population belge, en particulier les jeunes, continue de sous-estimer les dangers des cabines UV. Les rayons UV artificiels, même en doses modérées, endommagent l'ADN des cellules de la peau, ce qui peut entraîner des mutations génétiques à l'origine de cancers. Contrairement au soleil, où l'exposition est souvent intermittente et influencée par les conditions météorologiques, les cabines UV permettent une exposition répétée et intensive, augmentant ainsi les risques. Les jeunes sont particulièrement vulnérables car leur peau est plus sensible et leur exposition aux UV artificiels est souvent plus fréquente. En Belgique, comme dans de nombreux pays, les cabines UV restent accessibles sans restriction d'âge dans certains établissements.

Recommandations officielles

Les autorités sanitaires belges, comme la Société Royale Belge de Dermatologie et le Centre de Recherche en Cancérologie, déconseillent formellement l'utilisation des cabines UV. Elles soulignent que le bronzage artificiel n'offre aucun bénéfice pour la santé et que les risques de cancer de la peau l'emportent largement sur les avantages esthétiques temporaires. Les experts recommandent de privilégier les méthodes de bronzage naturel, comme une exposition modérée au soleil, en utilisant systématiquement une crème solaire avec un indice de protection adapté (SPF 30 ou plus). Ils insistent également sur l'importance de protéger sa peau dès le plus jeune âge, car les dommages causés par les UV sont cumulatifs et irréversibles. En Belgique, des campagnes de sensibilisation sont menées pour informer le public, mais leur impact reste limité face à la persistance de croyances erronées.

Ce que ça pourrait changer

L'enquête qui révèle ces chiffres a été menée en Belgique, un pays où l'accès aux cabines UV reste relativement facile, malgré les réglementations en vigueur. En 2018, la Belgique avait déjà interdit l'utilisation des cabines UV pour les mineurs de moins de 18 ans, une mesure prise pour protéger les jeunes des risques accrus de cancer de la peau. Cependant, cette interdiction est difficile à appliquer strictement, et de nombreux salons de bronzage continuent de proposer leurs services aux jeunes adultes. Le nombre de 143 mélanomes attribués aux cabines UV chaque année en Belgique illustre l'ampleur du problème et la nécessité de renforcer les actions de prévention et de contrôle. Les autorités belges pourraient envisager des mesures plus strictes, comme une interdiction totale des cabines UV, à l'image de ce qui a été fait dans certains pays européens comme la France, où leur usage est désormais interdit depuis 2021.

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