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Géopolitique

Hany Farid, en première ligne contre les deepfakes

Courrier International · mis à jour 22 sept.

Ce chasseur d’images manipulées est le plus grand expert mondial de l’investigation numérique, discipline qu’il a inventée il y a plus de vingt ans. Le “San Francisco Chronicle” a rencontré le chercheur dans son université, à Berkeley, en Californie.

Un deepfake viral

En décembre 2025, une vidéo prétendant montrer une frappe de missile israélien a circulé sur le réseau social X (anciennement Twitter). La scène, filmée dans ce qui ressemble à un poste de commandement militaire iranien, montre des agents en tenue de camouflage, des explosions et un incendie. Les images, très réalistes, ont rapidement été partagées par des médias internationaux et ont suscité l’attention du public. Cependant, une rédactrice en chef a envoyé cette vidéo à Hany Farid, un expert reconnu des deepfakes, pour vérification. En quelques minutes, il a confirmé que la vidéo était un deepfake, une fausse vidéo générée par une intelligence artificielle (IA).

Qui est Hany Farid

Hany Farid est un professeur en sciences informatiques à l’université de Californie à Berkeley, qui enseigne également au Dartmouth College dans le New Hampshire (États-Unis). Il est considéré comme un expert international dans la détection des deepfakes, ces contenus manipulés par l’IA qui imitent à la perfection des images ou des vidéos réelles. Farid passe une grande partie de son temps à analyser ce type de contenus, souvent choquants, comme des vidéos de décapitations ou de violences extrêmes. Son travail consiste à identifier les indices techniques permettant de distinguer une fausse vidéo d’une vraie, même si les deepfakes deviennent de plus en plus sophistiqués.

Deepfakes : menace croissante

Les deepfakes sont des contenus audiovisuels générés par des algorithmes d’intelligence artificielle. Ils permettent de créer des vidéos ou des images ultra-réalistes à partir de données existantes, comme des photos ou des enregistrements sonores. Ces technologies posent un défi majeur à l’information et à la sécurité, car elles peuvent être utilisées pour manipuler l’opinion publique, propager de fausses informations ou nuire à des individus. Dans le cas de la vidéo de décembre 2025, le deepfake visait à simuler une attaque militaire, ce qui aurait pu avoir des conséquences graves si elle n’avait pas été détectée à temps.

Rôle des experts

Les experts comme Hany Farid jouent un rôle clé dans la lutte contre la désinformation. Leur travail consiste à analyser les contenus suspects et à identifier les techniques utilisées pour créer des deepfakes. Cela peut inclure l’examen des artefacts numériques, des incohérences dans les mouvements ou des anomalies dans les ombres et les reflets. Dans le cas de la vidéo de décembre 2025, Farid a confirmé en quelques minutes qu’il s’agissait d’un deepfake, évitant ainsi une propagation massive de fausses informations. Leur expertise est d’autant plus précieuse que les technologies de manipulation deviennent de plus en plus accessibles et performantes.

Ce que ça pourrait changer

La vidéo du prétendu missile israélien a été diffusée dans un contexte de tensions géopolitiques, notamment entre Israël et l’Iran. Les *deepfakes* peuvent être utilisés comme des outils de propagande pour influencer l’opinion publique ou attiser les conflits. Dans ce cas précis, la vidéo a été rapidement identifiée comme un faux, limitant ainsi son impact. Cependant, elle illustre les risques liés à la désinformation dans des situations de crise, où la rapidité et la fiabilité de l’information sont cruciales. Les experts comme Farid deviennent ainsi des acteurs essentiels pour préserver la confiance dans les médias et les institutions.

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