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Géopolitique

À Athènes, Marco Rubio “a pris 4 milliards et est reparti”

Courrier International · mis à jour il y a 28 j

En déplacement en Grèce, le secrétaire d’État américain a prononcé un discours très politique sur la promotion de l’Occident. Il en a surtout profité pour officialiser un accord dans le domaine militaire..

Visite diplomatique

Marco Rubio, secrétaire d’État américain, s’est rendu à Athènes le 7 octobre 2026 pour une visite officielle. Son déplacement s’est déroulé dans un cadre symbolique fort : devant l’Acropole, monument emblématique de la Grèce et berceau de la démocratie occidentale. Rubio a prononcé un discours mettant en avant les valeurs de l’Occident, comme l’héritage historique et culturel partagé avec la Grèce. Cependant, cette visite avait avant tout un objectif concret : finaliser un accord militaire et commercial majeur entre les États-Unis et la Grèce. La mise en scène politique visait à renforcer les liens entre les deux pays, tout en servant de vitrine à la diplomatie américaine dans la région méditerranéenne.

Accord militaire

Lors de cette visite, les États-Unis et la Grèce ont signé un accord militaire d’une valeur de 4 milliards de dollars, soit environ 3,6 milliards d’euros. Cet accord prévoit la modernisation de la flotte aérienne grecque, un investissement stratégique pour renforcer les capacités militaires du pays. Les détails précis de l’accord ne sont pas précisés dans l’article, mais il s’inscrit dans le cadre d’un plan d’armement grec à moyen terme. Cet accord intervient après que la Grèce ait attribué une part importante de ses contrats d’armement à des entreprises françaises et israéliennes, comme le système de défense antiaérien Bouclier d’Achille, inspiré du Dôme de fer israélien, ou des partenariats avec la France. Les États-Unis, mécontents de ces choix, voient dans cet accord une opportunité de regagner une influence militaire en Grèce.

Réactions grecques

La presse grecque, notamment le quotidien Efsyn, a réagi avec ironie à cette visite. Le titre de la une, « Il est venu, il a pris 4 milliards et est reparti », résume le sentiment général : la Grèce a obtenu un accord financier important, mais au prix d’un déséquilibre dans ses relations avec les États-Unis. Le journal critique également l’absence de prise de position américaine claire face à la Turquie, avec laquelle la Grèce entretient des tensions récurrentes, notamment en mer Égée. Marco Rubio a réaffirmé la position traditionnelle des États-Unis, prônant une neutralité absolue dans les différends gréco-turcs. Cette neutralité est perçue comme une forme de soutien implicite à la Turquie, ce qui suscite des frustrations en Grèce.

Ce que ça pourrait changer

Cette visite s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu en Méditerranée orientale. La Grèce, membre de l’OTAN, cherche à moderniser son armée pour faire face aux menaces régionales, notamment la présence militaire turque et les tensions en mer Égée. Les États-Unis, de leur côté, cherchent à renforcer leur influence dans la région pour contrer l’expansionnisme russe et chinois. L’accord signé avec la Grèce s’ajoute à d’autres partenariats militaires américains en Europe, comme ceux conclus avec la Pologne ou les pays baltes. Enfin, la visite de Rubio intervient alors que la Grèce a récemment signé des accords militaires avec Israël et renouvelé son partenariat avec la France, ce qui a provoqué des tensions avec Washington.

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