La Russie prépare son coup le plus machiavélique pour plonger l'Ukraine dans le noir et le froid
Selon un document établi par Moscou, dont le New York Times a obtenu une copie, le Kremlin a adopté une stratégie particulièrement destructrice en vue de l'hiver qui approche. Avec pour objectif l'effondrement du système énergétique ukrainien..
L'Ukraine craint une intensification des attaques russes cet hiver, visant délibérément ses infrastructures énergétiques et hydrauliques. Selon les responsables ukrainiens, la Russie préparerait une campagne massive utilisant jusqu'à 1 000 missiles, drones et bombes pour paralyser le pays. Les cibles incluent des centrales thermiques et hydroélectriques, des chaufferies, ainsi que des postes de commutation reliant trois centrales nucléaires au réseau. L'objectif affiché est de plonger les grandes villes ukrainiennes, comme Kiev, Kharkiv ou Odessa, dans le noir et le froid en réduisant leur approvisionnement en électricité et en chauffage de 90 %. Cette stratégie s'inscrit dans une logique de pression sur la population et de sabotage de l'effort de guerre ukrainien. Les frappes du 30 septembre 2026, ayant endommagé une centrale thermique et privé plusieurs quartiers d'électricité, seraient le prélude à cette campagne.
Le plan russe prévoit des attaques coordonnées contre des infrastructures critiques pour fragiliser l'Ukraine. Les centrales nucléaires, qui fournissent une part majeure de l'électricité du pays, seraient directement menacées par des missiles visant les postes de commutation les reliant au réseau. Les centrales thermiques et hydroélectriques, sources d'énergie traditionnelles, seraient également ciblées pour réduire la capacité de production. Enfin, le réseau d'approvisionnement en eau serait saboté via des attaques contre les stations de pompage et d'épuration, utilisant des missiles balistiques et des bombes. Ces infrastructures sont essentielles pour le chauffage urbain et l'accès à l'eau potable, surtout en hiver. L'ampleur de ces attaques dépasse largement celles des hivers précédents, selon les experts, et pourrait déclencher une crise humanitaire en privant des millions de personnes de services vitaux.
Face à la menace, l'Ukraine a investi des centaines de millions d'euros pour renforcer ses infrastructures énergétiques. Des structures de protection ont été construites autour des installations critiques, comme les sous-stations, et des centrales de petite taille, moins vulnérables aux frappes, ont été installées. Malgré ces efforts, les experts estiment que ces mesures ne pourront que limiter l'impact des attaques, et non les empêcher. Olena Pavlenko, directrice du DiXi Group, compare la situation à un marathon avec un seul poumon, soulignant l'état de dégradation avancé du réseau après quatre hivers de guerre. Les civils, conscients des risques, ont constitué des réserves de piles, de petits radiateurs à gaz et d'autres équipements de secours, comme lors de l'hiver 2025-2026, le plus difficile depuis le début du conflit.
Le ministre ukrainien de l'Énergie, Denys Chmyhal, a affirmé en août 2026 que le pays disposait d'une capacité de production d'environ 15 gigawatts, devant atteindre 21 gigawatts d'ici décembre, couvrant largement la demande de pointe de 18 gigawatts enregistrée l'hiver précédent. Cependant, Maria Tsaturian, analyste au sein de l'Ukraine Facility Platform, met en garde : une seule frappe pourrait anéantir les 5 gigawatts de capacité récemment rétablis. Le plan russe vise à éliminer près de 15 gigawatts de production, ce qui pourrait provoquer l'effondrement du réseau. Les coupures survenues après les attaques du 30 septembre illustrent cette fragilité, malgré les réparations effectuées.
La Russie justifie ses actions par une riposte aux attaques ukrainiennes contre des raffineries de pétrole, selon les déclarations de Vladimir Poutine. Le Kremlin a annoncé vouloir mener de vastes opérations contre les infrastructures énergétiques cet hiver. Bien que le New York Times n'ait pas pu vérifier l'authenticité d'un document stratégique daté d'août 2026, les frappes récentes et les déclarations officielles suggèrent une escalade délibérée. L'Ukraine, déjà éprouvée par des années de guerre, redoute une crise humanitaire si le plan russe se concrétise. Les grandes villes, centres névralgiques du pays, seraient les premières touchées, avec des conséquences dramatiques sur le moral de la population et la capacité à soutenir l'effort de guerre.

