Former la France à l'IA impose de l'interdire aux moins de 18 ans
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Francis Lelong, cofondateur de Sarenza et CEO d’Alegria, propose dans une tribune publiée le 30 septembre 2026 d’interdire l’accès aux outils d’intelligence artificielle (IA) pour les moins de 18 ans en France. Selon lui, cette mesure est indispensable pour former les jeunes générations à un usage responsable de ces technologies. L’auteur compare cette interdiction à celle des réseaux sociaux pour les mineurs, soulignant que les deux domaines nécessitent un encadrement strict pour éviter des risques comme la manipulation, la désinformation ou l’addiction. L’objectif affiché est de protéger les jeunes tout en préparant l’avenir économique et technologique du pays.
L’auteur justifie sa proposition par plusieurs arguments. D’abord, il estime que les outils d’IA, comme les réseaux sociaux, peuvent avoir des effets néfastes sur le développement cognitif et émotionnel des adolescents. Il cite notamment les risques de deepfakes (fausses informations ou images ultra-réalistes générées par IA), de bulles informationnelles (algorithmes qui enferment les utilisateurs dans des contenus similaires à leurs opinions) et de dépendance. Il souligne aussi que les jeunes sont particulièrement vulnérables aux biais des algorithmes, qui peuvent renforcer des stéréotypes ou des comportements dangereux. Enfin, il rappelle que la France doit former sa population à l’IA, mais que cela passe d’abord par une phase de protection avant une phase d’éducation.
Francis Lelong propose de traiter l’IA et les réseaux sociaux de manière similaire, car selon lui, ces deux technologies partagent des risques communs pour les mineurs. Il évoque la nécessité d’un cadre légal strict, inspiré de celui appliqué aux réseaux sociaux, où l’accès est limité ou contrôlé pour les moins de 18 ans. L’idée est de créer une pédagogie de l’usage progressive : d’abord une phase d’interdiction totale, suivie d’une phase d’apprentissage encadré une fois l’âge adulte atteint. Cette approche vise à éviter que les jeunes ne soient exposés trop tôt à des outils dont ils ne maîtrisent pas les enjeux, tout en préparant leur intégration future dans une société où l’IA sera omniprésente.
Derrière cette proposition se cache une volonté de positionner la France comme un leader en matière d’IA responsable. L’auteur insiste sur l’importance de former les jeunes à ces technologies, mais seulement une fois qu’ils auront atteint une maturité suffisante pour en comprendre les limites et les dangers. Il suggère que cette interdiction temporaire permettrait de développer des programmes éducatifs adaptés, des outils de contrôle parental renforcés et une sensibilisation aux enjeux éthiques de l’IA. L’objectif final est de faire de la France un modèle en Europe pour une utilisation éthique et maîtrisée de l’intelligence artificielle, tout en évitant les dérives observées dans d’autres pays.
Bien que l’article ne mentionne pas de réactions spécifiques, il s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation de l’IA en Europe. La proposition de Francis Lelong rejoint des initiatives comme le *Digital Services Act* (DSA) de l’Union européenne, qui vise à encadrer les plateformes numériques, ou le *AI Act*, un règlement européen sur l’intelligence artificielle actuellement en discussion. Ces textes cherchent à concilier innovation technologique et protection des utilisateurs, notamment des mineurs. L’auteur semble s’appuyer sur ce contexte réglementaire pour légitimer sa proposition, tout en la présentant comme une mesure proactive plutôt que réactive.

