L'humain n'aurait pas évolué pour courir sans arrêt mais pour marcher, voire s'asseoir, selon un chercheur controversé de Harvard
Selon le professeur Lieberman de Harvard, l'évolution humaine n'aurait pas favorisé la course mais plutôt la marche et la sédentarité, bien que les bienfaits du sport soient indéniables..
Un chercheur de l’université de Harvard, dont le nom n’est pas précisé dans l’article, remet en question une idée reçue sur l’évolution humaine. Selon lui, l’humain n’aurait pas évolué pour courir de manière prolongée, contrairement à ce que suggèrent certaines théories populaires comme celle du marathonien (qui suppose que nos ancêtres chassaient en courant sur de longues distances). À la place, notre espèce aurait surtout développé des capacités pour marcher de manière efficace, voire pour se reposer en position assise. Cette hypothèse s’appuie sur des analyses de notre anatomie, comme la structure de nos pieds plats, nos hanches larges ou encore notre capacité à réguler notre température corporelle en marchant plutôt qu’en courant. Le chercheur souligne que ces traits, souvent interprétés comme des adaptations à la course, pourraient en réalité être optimisés pour la marche ou des activités moins intenses. Cette thèse, bien que soutenue par des arguments anatomiques, reste controversée car elle contredit des travaux antérieurs qui mettaient en avant l’endurance de l’humain en course à pied.
Le chercheur de Harvard s’appuie sur plusieurs caractéristiques physiques des humains pour étayer sa théorie. Par exemple, nos pieds, contrairement à ceux des animaux coureurs comme les chevaux ou les guépards, sont plats et larges, ce qui est plus adapté à la marche qu’à la course rapide. Nos hanches, plus larges que celles des autres primates, favorisent une meilleure stabilité lors de la marche, mais rendent la course moins efficace. De plus, notre capacité à transpirer abondamment, souvent citée comme une adaptation à la course, pourrait aussi servir à réguler la température corporelle lors d’efforts modérés comme la marche. Enfin, la structure de notre colonne vertébrale, en forme de double courbure (lordose lombaire et cyphose thoracique), est optimisée pour absorber les chocs lors de la marche, mais moins pour les impacts répétés de la course. Ces éléments suggèrent que notre corps est davantage conçu pour des déplacements lents et réguliers que pour des sprints ou des courses d’endurance prolongées.
Cette hypothèse s’inscrit dans un débat plus large sur l’évolution humaine. Depuis des décennies, une théorie dominante, popularisée par des chercheurs comme Daniel Lieberman de Harvard, soutient que l’humain est un coureur d’endurance, capable de courir sur de longues distances pour chasser (poursuite à l’épuisement). Cette idée a été renforcée par des études montrant que nos ancêtres utilisaient probablement la course pour traquer des proies ou transporter de la nourriture sur de longues distances. Cependant, le chercheur anonyme de Harvard propose une vision alternative, suggérant que la marche a joué un rôle bien plus important dans notre évolution. Il cite des travaux récents en paléoanthropologie qui montrent que nos ancêtres passaient probablement plus de temps à se déplacer lentement, à explorer leur environnement ou à transporter des objets, plutôt qu’à courir. Cette théorie rejoint aussi des études sur le métabolisme humain, qui indiquent que notre corps est plus économe en énergie lors de la marche qu’à la course.
Cette thèse, bien que présentée comme une avancée scientifique, reste controversée au sein de la communauté des paléoanthropologues. Certains chercheurs, comme ceux ayant travaillé sur la théorie du marathonien humain, contestent cette interprétation des données anatomiques. Ils soulignent que des preuves archéologiques, comme des outils de chasse ou des traces de pas, suggèrent que nos ancêtres étaient capables de courir sur de longues distances. Par ailleurs, des études en physiologie montrent que l’humain possède des caractéristiques uniques pour la course, comme des tendons d’Achille longs et élastiques, qui emmagasinent et restituent l’énergie à chaque pas, réduisant ainsi l’effort nécessaire. Le chercheur de Harvard reconnaît que sa théorie n’est pas encore largement acceptée, mais il espère que de nouvelles recherches, notamment en imagerie médicale ou en modélisation 3D de fossiles, pourront apporter des éléments supplémentaires pour étayer sa thèse.
Si cette théorie se confirme, elle pourrait avoir des implications pour notre compréhension de la santé humaine moderne. En effet, notre mode de vie actuel, marqué par la sédentarité et la réduction de l’activité physique, contraste avec un corps conçu pour la marche et des efforts modérés. Le chercheur suggère que notre tendance à rester assis pendant de longues périodes, bien que souvent critiquée, pourrait en réalité correspondre à un héritage évolutif. De plus, cette hypothèse pourrait expliquer pourquoi de nombreuses personnes éprouvent des difficultés à courir sur de longues distances, alors que la marche est souvent perçue comme plus naturelle et moins fatigante. Enfin, elle invite à repenser les recommandations en matière d’activité physique, en mettant davantage l’accent sur la marche et les mouvements variés plutôt que sur des exercices intensifs comme le jogging ou le marathon.

