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Votre traitement anticoagulant pourrait dérailler à cause de la mangue : les révélations de Harvard

Science & Vie · mis à jour 31 juil.

Un simple dessert peut compliquer la vie des personnes sous traitement anticoagulant. Sur les étals de l'été trône un fruit qui rejoint désormais la liste des aliments à surveiller.

Anticoagulants et alimentation

Les anticoagulants sont des médicaments prescrits pour fluidifier le sang et éviter la formation de caillots, notamment chez les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires ou ayant subi une opération. Leur efficacité dépend d’un équilibre précis dans l’organisme, car une dose trop faible ne protège pas des risques de thrombose, tandis qu’une dose trop forte peut provoquer des hémorragies. Cet équilibre est fragile et peut être perturbé par certains aliments ou médicaments. Une étude récente menée par des chercheurs de l’université de Harvard, aux États-Unis, met en lumière un risque méconnu : la consommation de mangue pourrait interférer avec l’action des anticoagulants. Ce fruit, souvent considéré comme sain et riche en vitamines, contiendrait des composés capables de modifier le métabolisme des médicaments dans le corps, notamment en influençant des enzymes du foie comme le cytochrome P450. Ces enzymes jouent un rôle clé dans la dégradation de nombreux médicaments, dont les anticoagulants.

Mécanisme d’interaction

Le cytochrome P450 est une famille d’enzymes produites principalement par le foie, responsables de la transformation et de l’élimination de nombreuses substances étrangères à l’organisme, comme les médicaments. Certains aliments, comme la mangue, contiennent des molécules appelées furanocoumarines qui peuvent inhiber temporairement l’activité de ces enzymes. Lorsque cela se produit, le médicament anticoagulant n’est plus dégradé aussi rapidement, ce qui peut entraîner une accumulation dans le sang et augmenter le risque d’effets indésirables graves, comme des saignements. À l’inverse, d’autres aliments ou plantes, comme le pamplemousse, sont déjà connus pour interagir avec les anticoagulants. L’étude de Harvard souligne que la mangue, bien que moins étudiée, pourrait avoir un effet similaire, bien que les mécanismes exacts et l’ampleur de ce risque restent à préciser.

Risques pour les patients

Les patients sous traitement anticoagulant doivent surveiller leur alimentation pour éviter les interactions médicamenteuses. Une consommation excessive de mangue pourrait, dans certains cas, réduire l’efficacité du traitement ou, au contraire, potentialiser ses effets, avec des conséquences potentiellement graves. Par exemple, si l’anticoagulant est moins bien métabolisé, son action peut s’étendre au-delà de la durée prévue, augmentant le risque de saignements (nez, gencives, hémorragies internes). À l’inverse, si la mangue accélère la dégradation du médicament, le patient pourrait ne plus être suffisamment protégé contre les caillots sanguins, avec un risque accru de thrombose ou d’embolie. L’étude de Harvard ne quantifie pas précisément ce risque, mais elle invite les médecins et les patients à la prudence, surtout en cas de consommation régulière et importante de mangue.

Recommandations médicales

Face à ces révélations, les chercheurs de Harvard appellent à une meilleure information des patients et des professionnels de santé. Ils recommandent de consulter son médecin ou son pharmacien avant d’intégrer la mangue dans son alimentation de manière significative, surtout si le traitement anticoagulant est récent ou ajusté fréquemment. Une solution simple consiste à limiter la consommation de mangue ou à en parler à son médecin pour adapter, si nécessaire, la posologie du médicament. Il est également conseillé de surveiller les signes d’alerte, comme des saignements inhabituels ou une fatigue anormale, et de signaler toute consommation importante de fruits ou aliments riches en furanocoumarines. Ces précautions s’ajoutent à celles déjà connues pour d’autres aliments, comme le pamplemousse ou certains légumes verts.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude s’inscrit dans un champ de recherche plus large sur les interactions entre alimentation et médicaments, un domaine encore peu exploré. Les chercheurs de Harvard ont mené leurs travaux en analysant des données existantes et en réalisant des expériences en laboratoire, mais ils n’ont pas encore publié d’études cliniques sur des patients humains. Les mécanismes exacts de l’interaction entre la mangue et les anticoagulants restent donc à élucider, tout comme l’ampleur réelle du risque. Les auteurs de l’étude soulignent que leurs conclusions sont préliminaires et qu’il est prématuré de tirer des conclusions définitives. Ils appellent à des recherches supplémentaires pour confirmer ces résultats et évaluer si d’autres fruits ou aliments pourraient avoir des effets similaires.

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