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Géopolitique

Les prix agricoles enregistrent leur plus forte hausse depuis l’invasion russe de l’Ukraine

Le Grand Continent · mis à jour 1 oct.

De mauvaises conditions météo et la guerre en Ukraine pourraient davantage alimenter l’inflation L’article Les prix agricoles enregistrent leur plus forte hausse depuis l’invasion russe de l’Ukraine est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Hausse record des prix

Les prix des produits agricoles ont connu une augmentation de 13 % au troisième trimestre 2026, selon l’indice Agriculture Spot de Bloomberg. Cet indice mesure l’évolution des prix de dix cultures essentielles comme le maïs, le blé, le soja, le sucre ou le café. Cette hausse de 13 % est la plus forte enregistrée depuis le premier trimestre 2022, période marquée par l’invasion russe de l’Ukraine, où l’indice avait déjà grimpé de 19,5 %. Cette flambée des prix pourrait aggraver l’inflation, déjà sous pression en raison de la hausse des coûts énergétiques. Les analystes de Bloomberg soulignent que cette situation s’inscrit dans un contexte de perturbations majeures des marchés agricoles, avec des répercussions potentielles sur les consommateurs et les économies nationales.

El Niño aggrave la situation

La hausse des prix agricoles est en partie attribuée au phénomène climatique El Niño, qui s’annonce comme l’un des plus intenses jamais observés. Ce phénomène se caractérise par un réchauffement anormal des eaux de l’océan Pacifique équatorial, mesuré ici dans la zone Niño 3.4, où la température moyenne a atteint 3,1 °C au-dessus de la normale. El Niño perturbe les régimes de pluie et de sécheresse à l’échelle mondiale, affectant directement les récoltes. Par exemple, des sécheresses prolongées ou des pluies excessives peuvent réduire les rendements des cultures comme le blé ou le maïs. Les experts craignent que ces conditions météorologiques extrêmes ne se multiplient à l’avenir, aggravant encore les tensions sur les prix des denrées alimentaires.

Exportations russes en chute

Les exportations de céréales russes ont chuté de 17 % entre le 1er et le 20 septembre 2026, par rapport à la même période l’année précédente. Cette baisse s’explique en partie par les frappes ukrainiennes ciblant les terminaux céréaliers situés en mer Noire, essentiels pour l’exportation des céréales russes. En 2025, à la même période, les exportations russes étaient deux fois supérieures à celles de l’Ukraine. Cette réduction des volumes exportés par la Russie limite l’offre mondiale de céréales et contribue à la hausse des prix. Les marchés agricoles, déjà fragiles, sont ainsi soumis à une pression supplémentaire, avec des conséquences potentielles sur la sécurité alimentaire dans plusieurs régions du monde.

Engrais et crise géopolitique

La fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran a provoqué une chute des exportations d’engrais, notamment d’urée, un composant clé pour la fertilisation des sols. L’Iran est l’un des principaux producteurs mondiaux d’urée, et sa décision a perturbé l’approvisionnement en engrais, essentiels pour les cultures comme le blé et le maïs. Les agriculteurs, confrontés à des coûts plus élevés ou à des pénuries, peuvent réduire leurs doses d’engrais, opter pour des cultures moins exigeantes ou même renoncer à semer. Cette situation illustre comment les tensions géopolitiques, comme la fermeture d’un détroit stratégique, peuvent avoir des répercussions en cascade sur l’agriculture et les prix des denrées alimentaires.

Ce que ça pourrait changer

La hausse des prix agricoles ne se répercute pas immédiatement sur les prix payés par les consommateurs, mais elle risque d’alimenter l’inflation à moyen terme. Les ménages pourraient ainsi subir une pression supplémentaire sur leur budget, alors que les prix de l’énergie ont déjà augmenté de manière significative depuis février 2026. Par exemple, les prix de l’essence ont grimpé de près de 50 % aux États-Unis, de 35 % en Indonésie et en Afrique du Sud, et de 17 % en Chine. Cette combinaison de hausses des prix agricoles et énergétiques pèse sur le pouvoir d’achat des consommateurs, tout en affectant les coûts de production des agriculteurs, créant un cercle vicieux pour l’économie mondiale.

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