Prométhée ou Thémis – Quel futur pour l’IA ?
..
L'article établit un parallèle entre les outils d'intelligence artificielle (IA) actuels et les figures de la mythologie gréco-romaine. Par exemple, Amazon utilise le nom Prometheus pour l'un de ses outils, Microsoft parle de code Prometheus, Google a développé Gemini, et Anthropic a nommé son modèle Mythos. Ces références montrent que les grandes entreprises technologiques s'inspirent des mythes antiques pour nommer leurs innovations. L'article souligne que ces entreprises ne sont pas européennes, mais américaines ou chinoises, ce qui soulève la question de la place de la France et de l'Europe dans cette course technologique. Ce contexte mythologique sert à illustrer les enjeux stratégiques et symboliques de l'IA aujourd'hui.
L'article présente deux approches opposées pour l'avenir de l'IA, symbolisées par deux figures mythologiques : Prométhée et Thémis. La première vision, portée par un collectif de chercheurs français, propose une stratégie offensive intitulée l'opération Prométhée. Elle vise à faire de la France le troisième pôle mondial de l'IA, après les États-Unis et la Chine, en investissant massivement : 710 milliards d'euros sur trois ans, soit 4,5 à 8 % du PIB français. L'objectif est d'éviter une dépendance technologique similaire à celle créée par l'arme nucléaire, où seuls certains pays maîtrisent la technologie. La seconde vision, défendue par un autre groupe de chercheurs, privilégie une approche plus prudente et collaborative, inspirée par Thémis, déesse de la justice. Elle propose de négocier des garanties d'accès à l'IA américaine avec les Européens, plutôt que de tenter de rattraper les États-Unis et la Chine.
La stratégie Prométhée propose un plan d'investissement colossal de 710 milliards d'euros sur trois ans pour la France. Ce montant représente entre 4,5 % et 8 % du PIB français annuel. Selon les auteurs, un tiers de cette somme, soit environ 236 milliards d'euros, serait pris en charge par l'État. Ce chiffre est comparé à des projets technologiques historiques comme la dissuasion nucléaire française, où le général de Gaulle avait justifié les coûts élevés par la nécessité de préserver l'indépendance nationale face aux ambitions impériales. L'article souligne que ce budget est comparable à ceux des grands projets technologiques du XXe siècle, mais il ne précise pas comment ces fonds seraient répartis entre recherche, infrastructures et formation.
L'approche Thémis, défendue par un autre groupe de chercheurs, propose une stratégie plus mesurée et collaborative pour l'IA. Contrairement à Prométhée, qui mise sur une course effrénée à l'innovation, Thémis suggère de se concentrer sur des mesures moins coûteuses et à plus long terme. Cela inclut la production d'électricité, la construction de centres de données, le maintien de scientifiques de haut niveau en France, et la négociation d'accords avec les Européens pour garantir un accès équitable à l'IA américaine. Cette vision s'appuie sur l'idée que l'IA pourrait devenir soit un bien exclusif réservé à une élite, comme l'arme nucléaire, soit un bien commun accessible à tous, comme l'électricité. L'objectif est d'éviter les risques d'une course coûteuse et incertaine, tout en préparant la France à différents scénarios futurs.
L'article met en lumière un débat fondamental sur l'indépendance technologique de la France et de l'Europe face aux États-Unis et à la Chine. Les deux visions présentées (Prométhée et Thémis) reflètent des réponses différentes à ce défi. La première prône une prise de risque pour rattraper le retard et devenir autonome, tandis que la seconde privilégie la prudence et la coopération internationale. Ce débat ne porte pas uniquement sur des questions techniques, mais aussi sur les priorités sociétales, la place des technologies numériques dans la vie quotidienne, et la relation de dépendance aux grandes puissances. L'article souligne que ce choix aura des répercussions sur les décennies à venir, tant sur le plan économique que géopolitique.
L'article cite deux groupes de chercheurs français qui ont publié des propositions distinctes dans la revue *Le Grand Continent*. Le premier groupe, défendant *l'opération Prométhée*, est composé de Tristan Claret-Trentelivres, Raphaël Doan, Aymeric Roucher et Victor Storchan. Leur proposition a été publiée le 8 juillet 2026. Le second groupe, promouvant l'approche *Thémis*, inclut Lenny Benbara, Baptiste Lefort et Éric Hazan, avec un article publié le 28 juillet 2026. Ces chercheurs s'appuient sur des réflexions géopolitiques et économiques pour justifier leurs stratégies respectives. L'article mentionne également des figures historiques comme le général de Gaulle, qui avait défendu l'indépendance nucléaire de la France, pour illustrer l'enjeu de souveraineté technologique.

