Les législatives au Maroc, un scrutin à couteaux tirés dans l’ombre de la crise à Ceuta
Au Maroc, la majorité joue gros lors des élections législatives prévues le 23 septembre. Pour ne rien arranger, les différends entre les partis de la coalition s’exposent au grand jour, avant même le début officiel de la campagne électorale, le 10 septembre..
Le Maroc organise des élections législatives le 23 septembre 2026 pour renouveler les 395 membres de la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement marocain. Ces élections sont cruciales car le parti politique qui obtiendra le plus de sièges aura le pouvoir de former le gouvernement, sous réserve de l'approbation du roi Mohammed VI, conformément à la Constitution marocaine. Les 15,8 millions d'électeurs inscrits sont appelés à voter pour désigner leurs représentants. La campagne électorale officielle doit débuter le 10 septembre 2026, mais les tensions entre partis politiques sont déjà palpables, bien avant cette date.
La coalition gouvernementale sortante, composée du Rassemblement national des indépendants (RNI), du Parti authenticité et modernité (PAM) et du Parti de l'Istiqlal, est en proie à des divisions internes. Ces trois partis, qui gouvernent ensemble depuis plusieurs années, s'affrontent désormais ouvertement pour renforcer leur position avant les élections. Les tensions sont telles qu'un enregistrement audio attribué à Rachid Talbi Alami, figure politique marocaine, a fuité dans la presse, révélant des désaccords profonds au sein de la coalition. Cette rivalité affaiblit la capacité des partis à présenter un front uni aux électeurs.
Les élections législatives marocaines se déroulent dans un contexte de crise diplomatique avec l'Espagne, centrée sur l'enclave de Ceuta, une ville espagnole située sur la côte nord du Maroc. Depuis août 2026, une crise migratoire a éclaté dans cette région, avec l'arrivée massive de migrants non accompagnés. Les autorités espagnoles ont installé des camps de tentes pour accueillir ces migrants, ce qui a exacerbé les tensions entre le Maroc et l'Espagne. Cette situation influence la campagne électorale, car les partis politiques marocains doivent se positionner sur la gestion de cette crise, notamment en matière de relations internationales et de politique migratoire.
La Constitution marocaine accorde au roi Mohammed VI un rôle central dans la formation du gouvernement. Après les élections, c'est lui qui désigne le chef de gouvernement parmi les partis ayant obtenu le plus de sièges. Cette règle constitutionnelle intensifie la compétition entre les partis, car chacun cherche à maximiser ses chances de diriger le gouvernement. La lutte pour le pouvoir est d'autant plus féroce que les partis de la coalition sortante, autrefois alliés, s'opposent désormais pour obtenir une position dominante. Cette dynamique rend les élections particulièrement tendues et imprévisibles.
Bien que la campagne électorale officielle ne doive commencer que le 10 septembre 2026, les partis politiques marocains sont déjà en pleine activité. Les alliances se forment et se défont, les stratégies de communication sont déployées, et les tensions entre partis s'exacerbent. Cette campagne anticipée reflète l'importance des enjeux et la volonté des partis de se positionner avant même le début officiel de la campagne. Les électeurs sont donc exposés à un climat politique chargé, marqué par des rivalités internes et des défis externes, notamment la crise à Ceuta.

