En Zambie, des bulles de gaz dans des sources chaudes trahissent la naissance possible d'une nouvelle limite de plaque tectonique
Des chercheurs de l'University of Oxford ont découvert des isotopes d'hélium dans des sources chaudes en Zambie, suggérant la formation potentielle d'une nouvelle limite de plaque tectonique dans le Kafue Rift, une fracture qui pourrait s'étendre jusqu'au manteau terrestre..
En Zambie, des scientifiques ont observé des bulles de gaz dans des sources chaudes, un phénomène qui pourrait indiquer la formation d’une nouvelle limite entre deux plaques tectoniques. Les plaques tectoniques sont de grands morceaux de la croûte terrestre qui se déplacent très lentement, comme des morceaux de puzzle flottant sur un fluide visqueux. Lorsqu’elles se séparent ou se rencontrent, cela peut provoquer des séismes, des éruptions volcaniques ou, comme ici, des émissions de gaz. Les sources chaudes, quant à elles, sont des zones où l’eau souterraine est chauffée par la chaleur interne de la Terre et remonte à la surface sous forme de vapeur ou d’eau bouillante. Dans ce cas précis, les bulles de gaz pourraient signaler une activité géologique souterraine intense, typique des zones où une nouvelle frontière entre plaques est en train de naître.
La Terre est recouverte de plusieurs grandes plaques tectoniques, comme la plaque africaine ou la plaque eurasienne. Ces plaques se déplacent à une vitesse de quelques centimètres par an, soit à peu près la vitesse à laquelle poussent nos ongles. Parfois, une nouvelle limite entre deux plaques peut se former, comme cela semble être le cas en Zambie. Ce phénomène est rare et n’a été observé que quelques fois dans l’histoire géologique. Une telle transformation prendrait des millions d’années, mais les signes avant-coureurs, comme les bulles de gaz dans les sources chaudes, permettent aux scientifiques de suivre son évolution. Cette découverte pourrait aider à mieux comprendre comment les continents se sont formés et séparés au fil des ères géologiques.
Les sources chaudes de Zambie sont alimentées par des eaux souterraines qui s’infiltrent profondément dans le sol, où elles sont chauffées par la chaleur résiduelle du manteau terrestre, une couche située sous la croûte terrestre. Cette chaleur provient en partie de la désintégration d’éléments radioactifs et de la chaleur résiduelle de la formation de la Terre, il y a environ 4,5 milliards d’années. Lorsque ces eaux remontent à la surface, elles transportent avec elles des gaz dissous, comme le dioxyde de carbone ou le méthane, qui forment les bulles observées. L’analyse de ces gaz pourrait révéler des indices sur les mouvements des plaques tectoniques en profondeur.
Si une nouvelle limite de plaque tectonique est en train de se former en Zambie, cela pourrait avoir des conséquences à très long terme sur la géographie de la région. À terme, cette activité pourrait entraîner la création d’un nouvel océan ou d’une faille majeure, comme c’est le cas en Islande où la séparation des plaques eurasienne et nord-américaine a formé la dorsale médio-atlantique. Cependant, ce processus prendrait des millions d’années. À court terme, les scientifiques surveillent les émissions de gaz et les séismes pour mieux comprendre l’évolution de cette zone. Ces observations pourraient aussi permettre de prévoir des risques géologiques futurs, comme des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques.
Cette découverte a été réalisée par une équipe de chercheurs, probablement des géologues ou des volcanologues, qui étudient les phénomènes géologiques en Afrique. Leurs travaux s’inscrivent dans un contexte plus large de compréhension des mouvements des plaques tectoniques, un domaine appelé *tectonique des plaques*. En analysant les gaz émis par les sources chaudes, les scientifiques peuvent obtenir des informations sur la composition et la dynamique du manteau terrestre, une couche située entre la croûte et le noyau de la Terre. Cette recherche pourrait aussi avoir des implications pour la compréhension des ressources naturelles, comme les gisements de minerais ou les sources d’énergie géothermique.

