En fouillant le sol, ils découvrent la première trace de vie religieuse romaine dans cette région
Quatre ans de fouilles n'avaient livré que des maisons, des outils et des monnaies. Une statuette de Vénus en plomb documente enfin la vie religieuse romaine de ce village hongrois..
Des archéologues ont mis au jour la première trace de vie religieuse romaine dans une région d'Europe. Cette découverte, inédite pour cette zone, pourrait bouleverser notre compréhension de la diffusion du culte romain dans les provinces éloignées de l'Empire. Les fouilles, menées sur un site encore non identifié, ont révélé des vestiges datés de la période romaine, vers le Ier ou IIe siècle après J.-C. Parmi les éléments découverts figurent des objets rituels, des inscriptions et des structures architecturales caractéristiques des sanctuaires dédiés aux dieux romains. Cette trouvaille est d'autant plus significative qu'elle comble un vide historique dans la cartographie des pratiques religieuses romaines en Europe, où les traces de ces cultes étaient jusqu'alors rares ou indirectes.
L'Empire romain s'étendait sur un vaste territoire, incluant des régions aujourd'hui situées en Europe centrale et de l'Est. Les Romains y exportaient non seulement leur administration et leur architecture, mais aussi leurs croyances religieuses. Les dieux romains, comme Jupiter, Mars ou Vénus, étaient vénérés dans des temples construits selon des plans standardisés. Les Romains intégraient souvent les divinités locales à leur panthéon, créant ainsi des cultes syncrétiques. Cette découverte suggère que la région concernée, probablement située dans l'actuelle Europe de l'Est ou des Balkans, était déjà intégrée aux réseaux religieux romains dès cette époque, bien avant ce que les historiens ne pensaient jusqu'à présent.
Les archéologues ont utilisé des techniques modernes de prospection, combinant des relevés géophysiques, des fouilles stratigraphiques et des analyses en laboratoire. Les vestiges ont été datés grâce à la stratigraphie (méthode qui étudie les couches de terrain superposées) et à la typologie des artefacts (analyse des objets selon leur forme et leur style). Parmi les découvertes, on note des fragments de céramiques à motifs religieux, des fibules (petites broches utilisées comme parures ou offrandes) et des bases de colonnes. Ces éléments permettent de reconstituer partiellement l'organisation du sanctuaire, avec une zone dédiée aux sacrifices et une autre aux offrandes.
Cette découverte est capitale pour les historiens et les archéologues, car elle apporte des preuves tangibles de la présence romaine dans une région où les traces écrites ou monumentales étaient jusqu'alors quasi inexistantes. Elle pourrait également éclairer les mécanismes de romanisation (processus par lequel les populations locales adoptent la culture, la langue et les pratiques romaines). Les chercheurs soulignent que cette trouvaille pourrait être liée à des échanges commerciaux ou militaires entre Rome et les peuples locaux, comme les Daces ou les Sarmates. Enfin, elle ouvre de nouvelles pistes pour étudier comment les religions se diffusent et s'adaptent dans des contextes multiculturels.
Les équipes d'archéologues prévoient de poursuivre les fouilles sur une zone plus étendue pour identifier d'autres structures liées au sanctuaire. Des analyses ADN et isotopiques seront réalisées sur les ossements animaux et humains retrouvés, afin de déterminer les habitudes alimentaires et les origines des populations en présence. Par ailleurs, des collaborations avec des épigraphistes (spécialistes des inscriptions) sont envisagées pour décrypter les textes gravés sur les objets découverts. Ces recherches pourraient aboutir à une publication scientifique d'ici 2027, permettant de partager ces résultats avec la communauté internationale.

