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Généraliste

Les tarifs américains pourraient freiner les progrès économiques au Canada, dit Macklem

Le Devoir · mis à jour 21 sept.

Le gouverneur de la banque centrale anticipe une chute de la croissance de 3,3 % à 1 % cette année s’ils sont maintenus..

Alerte du gouverneur Macklem

Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a mis en garde contre les conséquences économiques des tarifs douaniers imposés par les États-Unis. Selon lui, si ces mesures commerciales restent en place, la croissance économique du Canada pourrait chuter de 3,3 % à seulement 1 % cette année. Macklem s’exprimait lors d’un discours à Halifax, soulignant que l’incertitude créée par la politique commerciale imprévisible des États-Unis freine les investissements et l’embauche des entreprises canadiennes. Ces tarifs douaniers, qui touchent près de 28 milliards de dollars d’exportations canadiennes, s’ajoutent à d’autres tensions commerciales déjà en cours. La Banque du Canada, qui supervise la politique monétaire du pays, joue un rôle clé dans la stabilité économique, en ajustant par exemple les taux d’intérêt pour contrôler l’inflation ou soutenir la croissance.

Impact des tarifs sur l'économie

Les nouveaux droits de douane américains, qui peuvent atteindre 50 % sur certains produits canadiens, risquent de ralentir fortement l’économie canadienne. Macklem explique que ces tarifs pourraient diviser par deux la croissance économique du pays au quatrième trimestre 2024, la faisant passer sous la barre de 1 %. Les entreprises, déjà fragilisées par des années d’adaptation à ces mesures, pourraient reporter leurs projets d’investissement ou d’embauche, voire les annuler. Par exemple, certaines pourraient choisir de réévaluer leur stratégie commerciale plutôt que de prendre des risques dans un contexte incertain. Ces tarifs concernent des secteurs variés, allant des produits agricoles aux ressources naturelles, et visent à protéger l’industrie américaine au détriment des exportations canadiennes.

Contexte géopolitique tendu

La situation économique canadienne est également affectée par des tensions géopolitiques, notamment la guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les approvisionnements en pétrole et en essence. En juillet 2024, la Banque du Canada anticipait une stabilisation des prix du pétrole, mais les perturbations persistent en raison de routes maritimes bloquées et de raffineries endommagées. Si le prix du baril se maintient autour de 100 dollars américains, l’inflation pourrait légèrement augmenter dans les mois à venir. La Banque du Canada surveille de près cette évolution, car une inflation plus élevée que prévu pourrait compliquer sa mission de maintenir la stabilité des prix. Jusqu’à présent, elle n’a pas directement intégré l’impact de la hausse des prix du pétrole dans ses calculs, mais le risque d’une inflation plus durable s’accroît.

Ce que ça pourrait changer

Les déclarations de Tiff Macklem reflètent les inquiétudes partagées par de nombreux acteurs économiques canadiens. Les entreprises, en particulier celles dépendantes des exportations vers les États-Unis, subissent de plein fouet les conséquences des tarifs douaniers. Par exemple, le secteur agricole ou celui des ressources naturelles pourrait voir ses marges se réduire, limitant sa capacité à investir ou à embaucher. De plus, l’imprévisibilité des décisions américaines, comme l’interdiction d’importer certains produits canadiens ou des mesures symboliques comme le renommage du lac Ontario en « lac Amérique », ajoute une couche d’incertitude. Ces actions, bien que parfois perçues comme anecdotiques, contribuent à un climat de méfiance qui freine l’activité économique.

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