« Comment tu te bats contre un ours? » : un trappeur de Bathurst a frôlé la mort
Serge Guitard a été attaqué par un ours en allant cueillir des bleuets dans la région de Bathurst..
Le 6 septembre, Serge Guitard, un trappeur de 75 ans de Bathurst (Nouveau-Brunswick, Canada), a été victime d’une attaque brutale par un ours noir alors qu’il cueillait des bleuets en forêt. L’ours, attiré par la présence humaine ou par l’odeur des fruits, l’a chargé en moins d’une seconde sans que Guitard ait le temps de réagir. Ce type d’attaque est rare, mais possible, surtout si l’ours se sent surpris ou menacé. Les ours noirs, présents en grand nombre dans cette région, pèsent jusqu’à 300 kilogrammes et sont capables de charges fulgurantes. Guitard, habitué à la vie en forêt, n’avait jamais vécu une telle situation malgré son expérience. L’attaque a duré quelques secondes, mais a suffi à le projeter au sol et à le blesser gravement à la tête.
Lors de l’attaque, Serge Guitard a perdu connaissance après avoir été saisi par l’ours. À son réveil, il se trouvait prisonnier entre les pattes de l’animal, qui lui mordait la tête tout en grognant. Dans un état de panique, il a tenté de se défendre en utilisant son couteau, un outil qu’il portait toujours sur lui grâce à une sangle en velcro fixée à son vêtement. Ce geste a immédiatement calmé l’ours, mettant fin à l’attaque. Sans ce couteau, Guitard estime qu’il n’aurait pas survécu. L’ours noir, contrairement au grizzly, n’est généralement pas un prédateur humain, mais une attaque peut survenir si l’animal se sent acculé ou surpris. Les blessures de Guitard étaient graves : plus de 80 points de suture ont été nécessaires pour refermer les plaies à la tête, et un drain a été posé pour évacuer le sang accumulé.
Malgré ses blessures, Serge Guitard a réussi à se traîner jusqu’à sa camionnette, située à environ dix minutes de marche, puis à conduire jusqu’à l’hôpital de Bathurst. À son arrivée, son état nécessitait une intervention chirurgicale en urgence. Il a passé plus de deux heures sur la table d’opération pour nettoyer et recoudre ses plaies. Après l’intervention, il a dû suivre un traitement aux antibiotiques pour prévenir les infections. Malgré l’ampleur des blessures, il n’a gardé aucune séquelle permanente et a pu quitter l’hôpital après quelques jours. Son récit vise à sensibiliser le public aux dangers potentiels en forêt, même pour les personnes expérimentées comme les trappeurs.
Lindsay Gauvin, biologiste au ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick, intervient régulièrement en forêt et partage des conseils pour éviter les rencontres dangereuses avec les ours. Elle recommande de faire du bruit en marchant, car les ours ont une ouïe et un odorat très développés. Parler à voix haute ou chanter permet de signaler sa présence et d’éviter une rencontre surprise. Si un ours est aperçu de près, il faut éviter de courir ou de tourner le dos, car cela peut déclencher son instinct de poursuite. Gauvin insiste sur l’importance de ne pas simuler la mort, une technique parfois efficace contre les grizzlis, mais inefficace avec les ours noirs. En cas d’attaque, la défense active est la meilleure solution. Porter une arme ou un objet contondant peut s’avérer utile, bien que ce ne soit pas une obligation légale.
Les ours noirs sont attirés par les sources de nourriture, notamment les poubelles, les barbecues, les fruits sauvages et les déchets alimentaires. En automne, période de cueillette des baies, les risques de rencontre augmentent. Gauvin conseille de rester vigilant et de faire régulièrement du bruit pour signaler sa présence. Si vous vous arrêtez longtemps pour cueillir des fruits, parlez à voix haute ou tapez dans vos mains pour éviter de surprendre un ours. Les ours noirs, bien que moins agressifs que les grizzlis, peuvent devenir dangereux s’ils se sentent menacés ou s’ils associent les humains à une source de nourriture. La province du Nouveau-Brunswick abrite une population saine d’ours noirs, estimée en bonne santé, ce qui rend les rencontres plus probables.
Malgré cette expérience traumatisante, Serge Guitard ne compte pas arrêter ses activités en forêt. Trapppeur depuis son enfance, il a l’intention de continuer à chasser et à passer du temps dans les bois. Il prévoit même de demander un permis de chasse à l’ours pour l’année suivante, preuve que sa passion pour la nature reste intacte. Les cicatrices sur son crâne et son dos sont des rappels constants de cette attaque, mais elles ne l’ont pas dissuadé. Son histoire sert désormais de leçon de prévention pour les autres amateurs de plein air, montrant que même les personnes expérimentées ne sont pas à l’abri des dangers de la nature.

