Meta coupe la caméra de ses lunettes connectées quand la LED est trafiquée
Meta va désactiver le capteur photo de ses lunettes connectées dès que la monture détectera une altération ou la destruction de sa loupiote LED. L’entreprise met ainsi fin à un business florissant qui permettait d’enregistrer des vidéos en douce, sans prévenir les personnes filmées.
Meta, l'entreprise derrière les réseaux sociaux Facebook et Instagram, commercialise des lunettes connectées développées en partenariat avec EssilorLuxottica, un géant franco-italien spécialisé dans les lunettes (marques Ray-Ban et Oakley). Ces lunettes intègrent une caméra pour capturer des photos ou des vidéos, ainsi qu'une diode LED (Light Emitting Diode, un petit composant qui s'allume) située sur la monture. Cette LED s'illumine automatiquement lorsque la caméra est en fonctionnement, signalant aux personnes environnantes que l'enregistrement a lieu. En 2025, Meta a vendu 7 millions de paires de ces lunettes, et prévoit d'en produire 20 millions d'ici fin 2026, ce qui témoigne de leur succès commercial. Ces lunettes sont également équipées de fonctionnalités avancées comme la reconnaissance faciale et des modes d'IA, mais certaines nécessitent un abonnement payant, Meta One, pour être pleinement accessibles.
Les lunettes connectées de Meta soulèvent des préoccupations majeures en matière de vie privée. La CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés), l'autorité française chargée de protéger les données personnelles, a alerté en mai 2026 sur les dangers de ces appareils. En effet, la LED qui s'allume lors de l'enregistrement permet aux personnes filmées de savoir qu'elles sont filmées. Cependant, certains utilisateurs contournent ce système en modifiant ou en supprimant la LED, par exemple en la remplaçant par de la résine ou en la cassant. Cette pratique permet de filmer discrètement des personnes sans leur consentement, ce qui peut mener à des dérives comme le harcèlement ou la surveillance non autorisée. Meta a donc décidé de réagir face à ces abus.
Pour empêcher les utilisateurs de désactiver la LED et de filmer en secret, Meta a mis en place une mise à jour logicielle qui désactive automatiquement la caméra si la LED est altérée ou détruite. Cette fonctionnalité s'applique dès que la monture détecte une modification de la diode, qu'elle soit obstruée (par du scotch, par exemple) ou remplacée. Meta affirme que cette mesure est une première dans l'industrie des caméras connectées. L'entreprise a également annoncé qu'elle lutterait contre les services proposant de modifier les lunettes, en supprimant les publicités et annonces liées sur ses plateformes, et en envisageant des poursuites judiciaires contre les contrevenants. Cette initiative vise à protéger les utilisateurs et à respecter leur vie privée.
Meta propose désormais un abonnement payant, Meta One, pour accéder à certaines fonctionnalités avancées de ses lunettes connectées. Par exemple, le mode conversation, qui amplifie les voix dans les environnements bruyants, est limité à 3 heures par mois sans abonnement. Les abonnés Meta One bénéficient de 12 heures supplémentaires par mois. D'autres fonctionnalités pourraient également être réservées aux utilisateurs payants. Meta précise que tous les propriétaires de lunettes IA bénéficient d'un usage mensuel gratuit pour certaines fonctionnalités, mais que les limites d'utilisation gratuite sont réinitialisées chaque mois. Cette stratégie permet à Meta de générer des revenus récurrents tout en offrant une expérience de base gratuite.
Le marché des lunettes connectées représente un enjeu économique majeur pour Meta et EssilorLuxottica. En 2025, 7 millions de paires ont été vendues, et l'objectif est d'atteindre 20 millions d'unités d'ici fin 2026. Ces lunettes sont perçues comme un succès commercial pour Meta, qui avait connu des difficultés avec ses précédents produits comme les casques de réalité virtuelle Quest. Cependant, les questions de vie privée et les risques de dérives (comme le *rizzcamming*, terme désignant l'enregistrement secret de personnes) pourraient freiner leur adoption. Meta mise donc sur des mesures de protection et des abonnements payants pour sécuriser son modèle économique tout en répondant aux critiques.

