La gen Z aime beaucoup plus l'alcool que ce que l'on croit
On a souvent entendu que les jeunes gens étaient plus modérés dans leur consommation d'alcool. Une étude montre qu'ils ont simplement pris davantage de temps avant de découvrir les plaisirs (et les dangers) des boissons alcoolisées..
Contrairement aux idées reçues, la consommation d'alcool chez la génération Z (nés entre 1997 et 2012) est aussi répandue que dans le reste de la population adulte. Une étude de l'International Wine and Spirit Research (IWSR), un institut spécialisé dans les études de marché pour l'industrie des boissons, révèle que 74% des membres de la génération Z ont consommé de l'alcool au cours des six derniers mois. Ce chiffre est proche de la moyenne générale de la population adulte, qui s'élève à 76%. Il marque une augmentation significative par rapport à il y a trois ans, où seulement 66% des jeunes de cette génération avaient consommé de l'alcool sur la même période. L'étude montre ainsi que les préjugés sur le désintérêt des jeunes pour l'alcool sont infondés.
La génération Z se distingue de ses aînés par le type de boissons alcoolisées qu'elle privilégie. Selon l'étude de l'IWSR, les jeunes de cette génération consomment davantage de cocktails que les autres générations. Ces boissons, souvent préparées à base de plusieurs ingrédients (alcool, jus, sodas, fruits), sont appréciées pour leur aspect convivial et leur côté festif. Marten Lodewijks, président et directeur général de l'IWSR, souligne que les membres de la génération Z recherchent avant tout une expérience sociale autour de l'alcool, plutôt qu'une consommation individuelle. Cette préférence s'inscrit dans une logique de partage et de modération, même si la quantité totale d'alcool consommée reste comparable aux autres générations.
Le retard initial de la génération Z dans la consommation d'alcool s'explique en grande partie par la pandémie de Covid-19 et les restrictions sanitaires qui en ont découlé. Marten Lodewijks explique que les jeunes de cette génération ont atteint l'âge adulte pendant les périodes de confinement et de fermetures des bars, des restaurants et des lieux de fête. Ces circonstances ont retardé leur initiation à l'alcool, qui se fait traditionnellement dans des contextes sociaux comme les fêtes étudiantes ou les happy hours. L'étude souligne que cette génération a donc pris son temps avant de franchir le pas, mais qu'elle n'a pas pour autant renoncé à consommer de l'alcool.
Un autre facteur expliquant le retard de la génération Z dans la consommation d'alcool est l'augmentation du coût de la vie. Dave Williams, analyste et consultant dans le secteur des boissons alcoolisées, indique que de nombreux jeunes n'avaient pas les moyens financiers de se rendre dans des bars ou de s'acheter de la bière à des prix abordables. Contrairement à une idée reçue, cette contrainte n'a pas conduit à une consommation d'alcool de mauvaise qualité à domicile. Au contraire, les jeunes privilégient des produits haut de gamme, plus chers, lorsqu'ils achètent de l'alcool. Cette tendance reflète une recherche de qualité et de modération, même si elle reste accessible à une partie seulement de cette génération.
Les campagnes de prévention et les avertissements sanitaires diffusés sur les réseaux sociaux ont également joué un rôle dans la consommation progressive de l'alcool par la génération Z. Dave Williams explique que les jeunes de cette génération sont très soucieux de leur réputation en ligne et craignent d'être associés à des images d'ivresse ou de comportements inappropriés. Cette peur des conséquences sur leur image publique a conduit certains à éviter l'alcool en société, retardant ainsi leur entrée dans la consommation. L'étude de l'IWSR révèle que cette méfiance est partagée par une partie importante de la génération Z, qui préfère attendre avant de s'engager dans une consommation régulière d'alcool.
L'étude de l'IWSR permet de comparer les habitudes de consommation d'alcool entre les différentes générations. Les *millennials* (nés entre 1980 et 1996) et la génération X (nés entre 1965 et 1976) consomment légèrement plus d'alcool que la génération Z. En revanche, les *baby-boomers* (nés entre 1946 et 1964) montrent une tendance inverse, avec seulement 71% d'entre eux ayant consommé de l'alcool au cours des six derniers mois. Cette différence s'explique en partie par des modes de vie et des priorités distinctes entre les générations, ainsi que par une sensibilité accrue aux questions de santé et de modération chez les plus âgés.

