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Généraliste

Deux mois après la loi sur l’aide à mourir, Léon XIV ferme contre l’euthanasie

Le Devoir · mis à jour 27 sept.

Le pape a appelé à renforcer sans relâche les soins palliatifs et la recherche médicale..

Loi sur l’aide à mourir

En France, une loi instaurant un droit à l’aide à mourir a été adoptée le 15 juillet 2026. Cette réforme, portée par le président Emmanuel Macron, permet à certains patients incurables de demander une assistance pour mettre fin à leurs jours. Le texte autorise l’administration d’un produit létal par un soignant si le patient ne peut pas accomplir lui-même le geste. Pour être éligible, le patient doit être en phase avancée d’une maladie incurable, souffrir de douleurs réfractaires et être en capacité de formuler une demande libre et éclairée. Cette loi marque une évolution majeure dans le paysage législatif français, car elle légalise pour la première fois l’acte de donner la mort de manière encadrée. Elle s’inscrit dans un débat sociétal plus large sur la fin de vie et la place de la médecine face à la souffrance.

Position du pape Léon XIV

Deux mois après l’adoption de la loi, le pape Léon XIV, chef de l’Église catholique, a exprimé une opposition ferme à l’euthanasie et à la loi sur l’aide à mourir. Lors d’un discours à Lourdes le 27 septembre 2026, devant 150 000 personnes et en présence de malades ou de personnes en situation de handicap, il a déclaré : « Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort ». Il a souligné que « ce qui est légal n’est pas nécessairement moral », rappelant que la dignité humaine ne doit pas être remise en cause par des lois humaines. Le pape a également insisté sur l’importance des soins palliatifs et de l’accompagnement des malades, qualifiant les personnes malades ou handicapées de « trésor précieux pour l’Église ». Son intervention s’inscrit dans une tradition catholique qui considère la vie comme un don sacré, inviolable même en cas de souffrance.

Réactions de l’Église en France

L’Église catholique en France s’est fortement mobilisée contre la loi sur l’aide à mourir, la qualifiant de « grave rupture anthropologique ». Pendant les débats parlementaires, elle a multiplié les actions : tribunes dans la presse, neuvaines de prières et incitation aux fidèles à contacter leurs parlementaires. Un collectif de 150 responsables d’établissements de santé d’inspiration chrétienne a exprimé son inquiétude, craignant une « obligation de permettre ces actes létaux » imposée aux soignants. Le Conseil constitutionnel, saisi sur ce texte, a partiellement donné raison à l’Église en validant la loi mais en permettant l’application d’une clause de conscience à l’échelle d’un établissement, et non seulement pour un soignant individuel. Cela signifie qu’un hôpital ou une clinique catholique pourrait refuser de participer à l’aide à mourir, même si la loi l’autorise.

Débat entre foi et République

Les prises de position de Léon XIV ont relancé le débat entre les valeurs portées par l’Église et les lois de la République française. Le pape a critiqué « l’offre d’une mort programmée » lors d’un discours à l’Élysée le 26 septembre 2026, en présence d’Emmanuel Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu. Cette expression a été reprise le lendemain à Lourdes, où le pape a réaffirmé que « jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée ». Les associations favorables au droit à mourir, comme l’Association pour le droit à mourir dans la dignité, ont réagi en rappelant que les lois françaises priment sur les positions religieuses. Jean-Luc Romero, délégué de cette association, a déclaré : « Il est le bienvenu, il a le droit de dire ce qu’il pense, mais les lois sont celles de la République d’abord ». Ce conflit illustre la tension entre la liberté de conscience individuelle et les principes collectifs d’une société laïque.

Ce que ça pourrait changer

La visite de Léon XIV à Lourdes, haut lieu de pèlerinage catholique, a été marquée par une forte mobilisation des fidèles. Environ 150 000 personnes ont assisté à la messe en plein air du pape, où il a érigé la Grotte comme *« un sanctuaire de l’espérance chrétienne »*. Parmi les pèlerins, beaucoup étaient des personnes malades ou en situation de handicap, venues chercher un message de soutien. Paul, un fidèle de 31 ans, a exprimé son espoir d’un *« message clair »* du pape sur l’euthanasie, tandis que Domitille Bardoul, 26 ans, a souligné que les propos du pape l’aidaient à *« assumer ces positions »* dans un contexte où les débats sur la fin de vie sont parfois difficiles. Ces réactions montrent l’importance symbolique de la visite du pape pour une partie de la population française, notamment les catholiques engagés.

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