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Société

On a retrouvé des molécules sur les ailes d'un ptérosaure qui nous disent ce qu'il mangeait au petit déj

Slate FR · mis à jour 7 juil.

Pour la première fois, des chercheurs ont identifié des traces de stéroïdes préhistoriques dans un fossile exceptionnellement bien conservé, offrant de nouveaux indices sur le régime alimentaire de ces reptiles volants..

Fossiles et indices

Les fossiles sont des restes d’organismes vivants qui se sont transformés en pierre au fil des millions d’années. Ils constituent une source précieuse d’informations sur le mode de vie des espèces disparues, comme leur alimentation ou leur apparence. Cependant, le processus de fossilisation détruit souvent les tissus mous internes, limitant les découvertes. En 2026, des scientifiques ont fait une avancée majeure en détectant des molécules organiques, appelées stéroïdes, sur une aile de ptérosaure âgée de 113 millions d’années. Cette découverte est exceptionnelle car elle révèle des détails sur le régime alimentaire de cet animal préhistorique, malgré l’absence de chair visible.

Ptérosaures géants

Les ptérosaures étaient des reptiles volants qui vivaient il y a environ 113 millions d’années, durant la période du Crétacé. Certains spécimens pouvaient atteindre une envergure de 8 à 9 mètres, ce qui en faisait les plus grands animaux volants de leur époque. Leurs fossiles ont été découverts dans la formation de Romualdo, une couche géologique située au Brésil, réputée pour la préservation exceptionnelle de ces créatures. Ces fossiles sont emprisonnés dans du carbonate de calcium, un minéral qui permet de conserver des détails anatomiques très fins, comme les organes ou les structures osseuses.

Stéroïdes fossiles

Les stéroïdes sont des molécules organiques présentes dans tous les organismes vivants. Leur composition varie légèrement selon l’espèce et l’alimentation de l’animal qui les produit. Ces molécules peuvent survivre des millions d’années et révéler des informations sur le régime alimentaire d’un être disparu. Dans le cas de ce ptérosaure, les chercheurs ont identifié des traces de stéroïdes provenant de graisses et de tissus de poissons et de calmars, confirmant que son alimentation était principalement composée de ces proies. Cette découverte a été rendue possible grâce à la préservation exceptionnelle du fossile.

Conservation exceptionnelle

Le fossile de ce ptérosaure est considéré comme une capsule temporelle en raison de sa préservation remarquable. Après sa mort, il a coulé au fond d’une mer pauvre en oxygène et riche en sulfure d’hydrogène. Des micro-organismes, notamment des bactéries sulfo-oxydantes, ont commencé à décomposer ses tissus mous. Ce processus a déclenché une minéralisation autour de son corps, préservant sa structure dans les moindres détails pendant plus de 100 millions d’années. Les os creux de ses ailes ont également favorisé la formation de minéraux à l’intérieur, contribuant à cette conservation unique.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude a été menée par la professeure Kliti Grice, chercheuse à l’Université Curtin en Australie. Elle souligne que la détection de stéroïdes sur un ptérosaure est une première mondiale. Les résultats confirment que ces reptiles volants se nourrissaient de poissons ou de calmars, une hypothèse déjà envisagée mais jamais prouvée jusqu’alors. La formation de Romualdo, au Brésil, est un site clé pour les paléontologues, car elle abrite de nombreux fossiles de ptérosaures bien conservés, offrant ainsi des opportunités uniques pour étudier leur mode de vie.

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