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L’Ukraine dit utiliser des mitrailleuses robotisées pilotées par l’IA contre des drones russes

Le Devoir · mis à jour 5 oct.

Selon Kiev, ces dispositifs ont déjà permis d’abattre des drones à réaction de nouvelle génération près de la capitale..

Nouveaux drones russes

La Russie utilise depuis l’été 2026 des drones à réaction de nouvelle génération contre l’Ukraine. Ces drones, bien plus rapides que les modèles classiques, ciblent notamment la capitale ukrainienne, Kiev. Leur vitesse et leur altitude de vol rendent leur interception particulièrement difficile pour les systèmes de défense ukrainiens traditionnels. Ces drones sont inspirés du modèle Shahed, un drone de combat à faible coût développé par l’Iran et adapté par la Russie pour des attaques massives. Selon le porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, Iouriï Ignat, seuls 55 % de ces drones à réaction ont été interceptés en septembre 2026, principalement grâce à l’aviation ukrainienne.

Mitrailleuses robotisées

Pour contrer cette menace, l’Ukraine a déployé des mitrailleuses robotisées pilotées par intelligence artificielle (IA) sur des tourelles automatiques. Ces dispositifs, installés notamment sur des ponts à Kiev, fonctionnent sans opérateur humain. Ils combinent une mitrailleuse lourde, des capteurs et un système d’IA capable de détecter et d’intercepter les drones ennemis. Le rayon d’action de ces tourelles est limité à un peu plus d’un kilomètre, et leur efficacité dépend des conditions, comme l’angle d’approche des drones. Douze de ces tourelles ont déjà été mises en place dans la capitale, et leur déploiement devrait se poursuivre. Serguiï Beskrestnov, conseiller technologique du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qualifie cette solution d’innovante, mais souligne qu’elle ne constitue pas une solution miracle.

Rôle de l’IA

L’intelligence artificielle joue un rôle central dans ce système de défense. Elle permet aux tourelles robotisées d’analyser en temps réel les données des capteurs (comme la vision optique) pour identifier et cibler les drones ennemis. L’IA élimine le facteur humain dans la prise de décision, ce qui accélère la réaction et réduit les risques d’erreur. Cette technologie s’inscrit dans une tendance plus large en Ukraine, où l’IA est déjà utilisée pour guider des drones, détecter des cibles ou coordonner des opérations militaires. L’objectif est de compenser le manque de personnel militaire face à une Russie plus peuplée, tout en améliorant la précision des frappes.

Limites et défis

Malgré leur innovation, ces tourelles robotisées présentent des limites. Leur portée réduite (un peu plus d’un kilomètre) et leur dépendance aux conditions environnementales (comme l’angle d’approche des drones) restreignent leur efficacité. Le colonel Ignat, porte-parole de l’armée de l’air ukrainienne, précise que ces systèmes ne changent pas encore la donne sur le terrain. Par ailleurs, l’Ukraine continue de développer d’autres solutions pour contrer les drones russes, comme l’utilisation de chasseurs F-16 fournis par ses alliés. Enfin, l’intégration de l’IA dans les armes automatisées soulève des questions éthiques et stratégiques, notamment sur l’autonomie des systèmes de combat.

Ce que ça pourrait changer

Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, l’Ukraine fait face à des vagues répétées de drones de combat, notamment des modèles inspirés du *Shahed* iranien. Ces drones, peu coûteux et faciles à produire, sont utilisés en masse par la Russie pour attaquer des infrastructures civiles et militaires. Face à cette menace, l’Ukraine a développé un réseau de défense antiaérienne mobile, combinant mitrailleuses et drones d’interception. Cependant, l’évolution des drones russes, avec des vitesses et altitudes accrues, a poussé Kiev à innover, notamment en intégrant l’IA à ses systèmes de défense. Cette stratégie s’inscrit dans une guerre où les deux camps cherchent à exploiter les avancées technologiques pour prendre l’avantage.

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