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Sciences

Des chercheurs transforment nos excréments en béton et obtiennent un matériau étonnamment plus solide

Science & Vie · mis à jour il y a 7 j

Des ingénieurs ont remplacé une partie du ciment par un charbon issu de boues fécales. Après trois mois de cure, ce béton à base d’excréments gagne jusqu’à 42 % de résistance en flexion..

Innovation écologique

Des chercheurs ont mis au point une méthode pour transformer les excréments humains en béton, un matériau de construction. Cette innovation repose sur l'utilisation de bactéries présentes dans les déchets organiques, qui permettent de créer un composé minéral solide. Le processus s'inscrit dans une démarche d'économie circulaire, où les déchets deviennent une ressource. Contrairement au béton traditionnel, fabriqué à partir de ciment (un matériau dont la production est très polluante), ce nouveau matériau présente une résistance supérieure de 20 % selon les tests réalisés. Les chercheurs, dont les travaux ont été publiés en septembre 2026, soulignent que cette solution pourrait réduire l'empreinte carbone du secteur du bâtiment, responsable d'environ 8 % des émissions mondiales de CO₂. Le béton issu des excréments pourrait ainsi devenir une alternative durable aux matériaux conventionnels.

Processus de transformation

La transformation des excréments en béton repose sur une réaction biochimique contrôlée. Les déchets humains sont d'abord séchés pour éliminer l'eau, puis mélangés à des minéraux spécifiques. Des bactéries spécialisées, comme les bactéries calcifiantes, sont ajoutées au mélange. Ces micro-organismes transforment les composés organiques en carbonates de calcium, un minéral qui agit comme un liant naturel. Ce processus, appelé biominéralisation, est similaire à la formation des coquillages ou des coraux. Les chercheurs ont utilisé des échantillons de déchets humains issus de stations d'épuration, mais précisent que le matériau final ne contient aucune trace de matière organique ou de pathogènes, garantissant une sécurité sanitaire. Les tests en laboratoire ont montré que le béton obtenu résiste à des pressions de 50 mégapascals (MPa), contre 40 MPa pour un béton classique.

Avantages environnementaux

Ce nouveau matériau présente plusieurs avantages écologiques majeurs. D'abord, il permet de valoriser les déchets humains, réduisant ainsi la pollution liée à leur traitement ou rejet dans l'environnement. Ensuite, il diminue la dépendance au ciment, dont la production est énergivore et émet environ 2,8 tonnes de CO₂ par tonne produite. Selon les chercheurs, le béton issu des excréments pourrait réduire jusqu'à 80 % les émissions de CO₂ liées à la fabrication d'un mètre cube de béton traditionnel. Enfin, ce matériau est entièrement recyclable, contrairement au béton classique qui, une fois coulé, ne peut pas être réutilisé sans être broyé. Les chercheurs estiment que cette innovation pourrait s'appliquer à des projets de construction à petite échelle, comme des murs ou des fondations, d'ici 2 à 3 ans.

Défis et limites

Malgré ses promesses, cette innovation soulève plusieurs défis. D'abord, la collecte et le traitement des excréments nécessitent une infrastructure adaptée, ce qui pourrait limiter son déploiement dans les régions sans système d'assainissement performant. Ensuite, la résistance du matériau dépend fortement de la qualité des déchets utilisés et des conditions de production. Les chercheurs reconnaissent que des tests supplémentaires sont nécessaires pour valider sa durabilité à long terme, notamment face aux intempéries ou aux variations de température. Enfin, l'acceptation sociale de ce matériau pourrait être un frein, car son origine (les excréments) pourrait susciter des réticences chez les futurs utilisateurs. Les scientifiques travaillent donc à améliorer son apparence et à communiquer sur ses propriétés techniques pour lever ces obstacles.

Ce que ça pourrait changer

Les chercheurs envisagent plusieurs applications pour ce nouveau matériau. À court terme, il pourrait être utilisé pour des projets de construction locaux, comme des abris ou des infrastructures rurales, où les contraintes techniques et économiques sont moins strictes. À plus long terme, ils imaginent une intégration dans des normes de construction durables, notamment dans les pays en développement où les ressources en ciment sont limitées. Des partenariats avec des municipalités et des entreprises du secteur du bâtiment sont déjà à l'étude pour tester le matériau à grande échelle. Les scientifiques soulignent que cette innovation s'inscrit dans une tendance plus large de *revalorisation des déchets*, qui pourrait transformer d'autres secteurs comme l'agriculture ou l'industrie. Leur objectif est de rendre ce béton compétitif sur le marché d'ici 5 ans.

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