Un amas de sardines mortes bloque l’unique centrale nucléaire sud-africaine
En Afrique du Sud, la centrale nucléaire de Koeberg a réduit la production d’électricité d’un de ses deux réacteurs. L’une des pompes qui puisent l’eau nécessaire au refroidissement de l’installation avait été bloquée par des sardines mortes.
Le 21 août 2026, la centrale nucléaire de Koeberg en Afrique du Sud a dû réduire de moitié la production d’électricité d’un de ses deux réacteurs. Cette décision a été prise par Eskom, la compagnie publique d’électricité, après l’arrêt automatique d’une pompe à eau de refroidissement. Cette pompe, qui puise l’eau de mer pour refroidir le réacteur, s’est retrouvée bloquée par un amas de sardines mortes. La centrale, située à 40 kilomètres au nord du Cap, est la seule centrale nucléaire du continent africain et produit 5 % de l’électricité sud-africaine. Le deuxième réacteur était déjà à l’arrêt pour maintenance, ce qui a aggravé la situation.
Les sardines mortes échouées sur les rivages sud-africains couvrent une vaste zone, allant de la baie de Saldanha sur la côte ouest jusqu’au cap des Aiguilles sur la côte sud du Cap. Le ministère sud-africain des Forêts, de la Pêche et de l’Environnement (DFFE) a identifié comme cause probable une infection par l’herpèsvirus de la sardine (PHV). Ce virus provoque une inflammation et des lésions au niveau des branchies, perturbant la capacité des poissons à absorber l’oxygène. Les analyses ont confirmé la présence du virus dans les échantillons prélevés, mais d’autres facteurs comme des algues nuisibles, un faible niveau d’oxygène dans la mer ou des conditions océanographiques inhabituelles, avec des eaux anormalement froides, pourraient avoir contribué à cette mortalité massive.
En plus de l’herpèsvirus de la sardine (PHV), deux autres toxines algales, l’acide domoïque et la yessotoxine, ont été détectées à de faibles concentrations dans les sardines mortes. Cependant, ces toxines ne semblent pas être la cause principale de la mortalité. La lagune de Milnerton, proche de la centrale, est confrontée depuis longtemps à des problèmes de pollution et d’eaux usées, ce qui pourrait aggraver la situation. Les autorités soulignent que la présence du virus seul ne suffit pas toujours à provoquer une mortalité massive, mais que la combinaison de plusieurs facteurs environnementaux a probablement joué un rôle clé.
L’arrêt partiel de la centrale de Koeberg a mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures critiques face aux phénomènes naturels. Eskom a indiqué que la zone de captage d’eau serait dégagée et que la production d’électricité reprendrait normalement une fois l’obstacle éliminé. Cependant, cette situation rappelle aussi les défis environnementaux auxquels l’Afrique du Sud est confrontée, notamment en matière de pollution des eaux et de gestion des ressources marines. La centrale, qui représente une part importante de la production électrique du pays, doit désormais composer avec ces aléas naturels imprévus.

