Vidéo : les F-16 ukrainiens engagent le combat au canon face aux drones russes rapides Gueran-5
Des vidéos diffusées ces derniers jours disent montrer des F-16 ukrainiens détruisant des drones russes Gueran-5 à courte distance, au canon de 20 mm. Une méthode payante, mais risquée, qui trahit surtout une pénurie de missiles..
Des vidéos récentes montrent des avions de combat ukrainiens F-16 abattant des drones russes Gueran-5 à très courte distance, en utilisant leur canon de 20 mm plutôt qu’un missile. Le F-16 est un avion de chasse multirôle américain, reconnaissable à sa silhouette et à sa capacité à voler à haute vitesse. Le canon M61A1 Vulcan de 20 mm, installé sur le flanc gauche du F-16, tire jusqu’à 6 000 obus par minute, ce qui permet d’engager des cibles à très faible distance. Le Gueran-5 est un drone kamikaze russe à réaction, capable d’atteindre 600 km/h et de parcourir jusqu’à 1 000 km avec une charge explosive de 90 kg. Contrairement aux drones précédents équipés d’hélices, le Gueran-5 se rapproche d’un petit missile de croisière, ce qui le rend plus difficile à intercepter.
L’Ukraine utilise de plus en plus son canon pour abattre les drones russes en raison d’une pénurie de missiles air-air. Les missiles comme l’AIM-9 Sidewinder ou l’AIM-120 AMRAAM, qui coûtent plusieurs centaines de milliers d’euros par unité, sont de plus en plus rares dans les stocks ukrainiens. Depuis le début du conflit, les F-16 ukrainiens ont détruit plus de 2 500 drones Gueran (toutes versions confondues) en deux ans, principalement avec des missiles. Cependant, l’arrivée du Gueran-5, plus rapide et plus endurant, a accru la pression sur les défenses ukrainiennes. En septembre 2025, la Russie avait lancé plus de 5 600 drones en un mois, soit près de 190 par nuit en moyenne. Cette saturation des attaques pousse les pilotes à privilégier le canon, bien moins coûteux mais plus risqué.
Engager un drone au canon de 20 mm impose au F-16 de s’approcher à quelques centaines de mètres de sa cible, une manœuvre périlleuse. À cette distance, le chasseur doit aligner son tir avec précision tout en évitant les débris générés par l’explosion du drone. Ces fragments peuvent être aspirés par l’entrée d’air du réacteur ou heurter la verrière, risquant d’endommager l’appareil. De plus, certains Gueran-5 seraient équipés de missiles air-air, capables de menacer directement le F-16. Un général américain à la retraite, David Deptula, a salué la prouesse des pilotes ukrainiens tout en soulignant que cette méthode révèle une insuffisance critique en équipements modernes. Un missile permet en effet d’abattre une cible à distance, sans exposer l’avion.
Le Gueran-5 marque un tournant dans la guerre des drones en Ukraine. Contrairement aux modèles précédents comme le Shahed (drone à hélice, lent et peu précis), le Gueran-5 est équipé d’un turboréacteur chinois, ce qui lui confère une vitesse et une autonomie bien supérieures. Il peut parcourir 1 000 km avec une charge de 90 kg, ce qui en fait une arme de saturation massive. La Russie mise désormais sur ces drones à réaction pour submerger les défenses ukrainiennes, avec des vagues comptant désormais des centaines d’engins. En septembre 2026, près de la moitié des drones opérant au-delà du front ukrainien sont à réaction, selon les relevés du renseignement militaire ukrainien. Cette stratégie vise à épuiser les ressources ukrainiennes en interceptant chaque projectile, qu’il s’agisse de drones, de roquettes ou de missiles.
L’utilisation accrue du canon par les F-16 ukrainiens illustre une **crise logistique et industrielle** du côté ukrainien. Les stocks de missiles s’épuisent, et leur production ne suffit pas à compenser les pertes, d’autant que ces armements sont coûteux et complexes à fabriquer. Volodymyr Zelensky, président ukrainien, a confirmé que ses pilotes devaient désormais affronter des versions encore plus redoutables du Gueran. Cette situation force Kiev à adopter des tactiques de défense moins conventionnelles, comme le combat rapproché, malgré les risques encourus. Elle révèle aussi la dépendance de l’Ukraine envers les livraisons d’armes occidentales, dont les délais et les volumes ne répondent pas toujours aux besoins urgents du front.

